Marocains et Espagnols éloignent les émigrants africains de leurs rêves

samedi 8 octobre 2005

A LA FRONTIERE MAROCO-ALGERIENNE (AFP) - Des centaines d’émigrés africains se trouvaient samedi dans le plus grand dénuement le long de la frontière maroco-algérienne, alors que d’autres étaient renvoyés par avion de l’enclave espagnole de Melilla dans laquelle ils avaient réussi à pénétrer.

Au confins désertiques du Maroc et de l’Algérie, ces clandestins africains se trouvaient sans eau, ni nourriture, après avoir été éloignés par les autorités marocaines alors qu’ils tentaient de s’infiltrer vers Melilla et Ceuta, ultimes étapes de leur long voyage à travers le continent, a constaté samedi un photographe de l’AFP.

Parmi eux, de nombreux Maliens ont indiqué qu’ils "rêvaient d’aller à Melilla", l’enclave espagnole du nord-marocain, théâtre ces dernières semaines de tentatives d’infiltration massives d’émigrants africains désireux d’entrer dans l’espace communautaire européen. "Certains disent avoir déjà tenté à sept ou huit reprises de se rendre à pied à Melilla mais qu’ils ont à chaque fois été reconduits à la frontière" avec l’Algérie par les forces de sécurité marocaines, a rapporté le photographe de l’AFP. "Tout le long de la frontière, il y a des groupes de 8 ou 10 Africains, parfois de 30 ou 40. Ils demandent à manger", a indiqué le photographe, qui se trouvait à une soixantaine de kilomètres d’El Aouina-Souatar, près de la frontière algérienne.

C’est dans cette zone que l’association Médecins sans frontières (MSF) a indiqué avoir localisé jeudi soir "plus de 500 immigrants abandonnés à leur sort dans le désert du sud du Maroc après avoir été expulsés" des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla (nord du Maroc). MSF a transporté des vivres et de l’aide médicale vers El Aouina-Souatar et fait hospitaliser six de ces émigrants clandestins à Bouarfa, un peu au nord de la zone où se trouve le groupe.

Par ailleurs, une centaine d’émigrés africains ont quitté samedi Melilla en milieu de journée à bord de deux avions à hélice qui devaient les conduire vers Malaga (sud de l’Espagne) en vue de leur expulsion vers le Maroc, a constaté un journaliste de l’AFP. Ils étaient menottés et accompagnés par une cinquantaine de policiers espagnols qui les ont faits monter à bord de deux avions, affrétés par le gouvernement espagnol. Le premier appareil a décollé vers 13H10 locales (11H10 GMT) et le second dix minutes plus tard, a indiqué le journaliste de l’AFP.

Ils n’ont présenté aucune résistance. Ils étaient arrivés à l’aéroport à bord de 10 fourgonnettes. Selon un policier espagnol sur place , il s’agit d’émigrants africains ayant réussi à pénétrer dans l’enclave espagnole de Melilla (nord du Maroc), lors des assauts de lundi et mercredi. Ils ont été conduits à l’aéroport directement du commissariat où ils étaient venus chercher samedi matin leurs papiers d’identification délivrés par les autorités espagnoles.

Ce refoulement concerne essentiellement des ressortissants maliens qui seront transportés à Algesiras (sud de l’Espagne) pour embarquer dans un bateau en direction de Tanger (nord du Maroc), avait indiqué précédemment à l’AFP une source policière à Melilla, sous couvert de l’anonymat. Un premier groupe de 73 émigrants africains a été expulsé jeudi soir de Melilla vers le Maroc en vertu d’un accord de rapatriement de clandestins signé en 1992 par l’Espagne et le Maroc mais qui n’a presque jamais été appliqué.

Quelque 1.000 émigrés d’Afrique subsaharienne s’entassent actuellement dans le centre d’accueil temporaire d’immigrés (Ceti) de Melilla, après avoir réussi à franchir la double barrière métallique qui sépare l’enclave espagnole du nord-marocain.


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