Les membres de SOS Disparu(e)s harcelés !

dimanche 18 septembre 2005

SOS Disparu(e)s : COMMUNIQUE

C’est avec une vive inquiétude et une profonde colère que le collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) et SOS disparu(e)s ont accueilli les harcèlements, les menaces, et les atteintes aux droits de l’homme que les familles de disparu(e)s ont subi ces jours derniers à l’approche du référendum du 29 septembre concernant le projet de charte sur la paix et la réconciliation nationale.

Le 14 septembre dernier, Monsieur Arab, père de disparu et membre de SOS Disparus, a été embarqué par quatre policiers lors du rassemblement qui se tient tous les mercredis devant la Commission Nationale Consultative pour la Promotion et la Protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), Place Adis Ababa à Alger. Après avoir passé trois heures en garde à vue, il a été déféré devant le parquet le jeudi 15 septembre au motif qu’il distribuait « des tracts de nature à nuire à l’intérêt national » (article 96 du code pénal) et a été mis en liberté conditionnelle compte tenu de son âge. Il doit se présenter au commissariat tous les mercredis et sera entendu dans une audition le 25 de ce mois. Cet homme âgé de 75 ans a été pris pour détention d’un tract qui demande simplement vérité et justice pour les disparus et qui ne reflète que l’expression des revendications pacifiques et légitimes des familles de disparus.

Par ailleurs, la présidente de SOS Disparus, Fatima Yous a reçu des appels anonymes lui conseillant de quitter immédiatement le territoire algérien, si elle souhaitait protéger les familles, le bureau d’Alger et son personnel. Un autre des membres du bureau de SOS Disparus, Hacène Ferhati est contacté sans arrêt depuis jeudi 15 septembre, jour et nuit, d’abord par SMS, d’un seul mot « Hacène », puis par une voix au téléphone qui se moquait en disant : « ils ne t’ont pas encore pris ? ». Ce harcèlement continue aujourd’hui encore !

Le bureau d’Alger est certes inquiété mais celui d’Oran subit aussi depuis plusieurs semaines des pressions quotidiennes. La secrétaire du bureau, Fatima Nekrouf, a été contactée par téléphone déjà début septembre. Quelqu’un lui a affirmé qu’elle allait disparaître, comme son père a disparu. On lui avait demandé auparavant de remettre tous les dossiers des familles et elle avait refusé. Son père Nekrouf Abdelkader, avocat et militant des droits de l’Homme a été arrêté en 1997 et a disparu depuis. Le 17 septembre, trois policiers en civils sont venus au bureau d’Oran et sont revenus ce matin. Ils ont fouillé le bureau de fond en comble. Ils n’ont présenté ni mandat de perquisition ni carte. Ils ont interrogé Fatima Nekrouf sur qui elle était et sur le travail qu’elle effectuait dans ce bureau. Après une 1/2heure de recherche, ils sont repartis les mains vides.

Le CFDA et SOS disparu(e)s s’insurgent contre ces pratiques d’intimidations et ces pressions qui ont pour but de déstabiliser les familles : l’approche du référendum semble être un argument déterminant pour les autorités algériennes dans leur volonté de répression de la société civile qui lutte pour le respect des droits de l’homme et contre l’impunité. Les familles de disparu(e)s ne céderont pas à ces menaces : elles sont déterminées à mener leur combat jusqu’au bout dans leur quête de vérité et justice.

Alger, le 18 septembre 2005

Pour le collectif : Nassera Dutour - Porte-parole Pour SOS Disparus : Fatima Yous - présidente


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