Le Maroc s’apprête à expulser vers Dakar plusieurs centaines de clandestins sénégalais

dimanche 9 octobre 2005

dimanche 9 octobre 2005, 18h48 OUJDA, Maroc (AP) - Les autorités marocaines, en accord avec l’ambassade du Sénégal à Rabat, s’apprêtent à expulser plusieurs centaines de clandestins sénégalais, a-t-on appris dimanche de source gouvernementale.

"Cinq cents à six cents ressortissants sénégalais illégaux sont actuellement en route vers Oujda (nord-est du Maroc) d’où ils prendront l’avion demain (lundi) en direction de Dakar", précisait-on de même source. Il s’agit de Sénégalais candidats à l’immigration clandestine interpellés par les forces de sécurité marocaines dans plusieurs régions du Maroc, principalement dans le nord du pays.

C’est le premier rapatriement de ce genre opéré par le Maroc. D’ordinaire, les clandestins interpellés étaient invariablement reconduits à la frontière avec l’Algérie, qu’ils avaient franchie pour pénétrer en territoire marocain.

L’organisation de ces rapatriements a été confiée à l’Office des migrations internationales et à la Fédération internationale du Croissant rouge qui sont notamment chargés d’affrêter les avions qui ramèneront les clandestins au Sénégal.

Des négociations sont actuellement en cours entre les autorités marocaines et plusieurs autres pays africains afin de trouver un accord pour l’expulsion de plusieurs centaines d’autres illégaux originaires d’Afrique sub-saharienne vers leur pays d’origine.

Par ailleurs, les forces de sécurité marocaines poursuivaient dimanche les opérations de ratissage entamées depuis une quinzaine de jours dans la région de Nador, autour de l’enclave espagnole Melilla.

Depuis le début de l’année, près de 7.000 clandestins ont été interpellés dans cette région du nord-est du Maroc, selon les chiffres communiqués quotidiennement par la wilaya (préfecture de Nador).

De son côté, l’Espagne a décidé mercredi de renvoyer au Maroc les candidats à l’immigration en Europe à la suite des assauts groupés de ces dernières semaines sur ses enclaves de Melilla et Ceuta.

Les clôtures protégeant les deux enclaves espagnoles ont été prises d’assaut à plusieurs reprises par des centaines de candidats à l’immigration vers l’Europe. Ces tentatives groupées ont permis à quelques centaines de personnes de passer mais ont aussi coûté la vie à plusieurs clandestins depuis août.

Samedi, Amnesty International a accusé les autorités espagnoles de violer les conventions des droits de l’Homme en expulsant les clandestins entrés dans les deux enclaves. Le directeur de l’organisation pour l’Espagne, Esteban Beltran, a expliqué que les immigrants étaient expulsés sans que les autorités les aient identifiés et vérifié s’ils pouvaient prétendre au statut de réfugié économique ou demandeur d’asile politique. "Aucun effort n’a été fait pour établir leur nom ou leur statut", a-t-il déploré. "C’est illégal". AP


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