Le Maroc critiqué par l’Onu pour l’expulsion de clandestins

mercredi 12 octobre 2005

mercredi 12 octobre 2005, 18h18

RABAT (Reuters) - Les autorités marocaines, soucieuses d’endiguer le flot d’immigrés en provenance d’Afrique sub-saharienne, ont acheminé mercredi par avion 139 clandestins vers le Mali et annoncé de nouvelles expulsions, malgré de vives critiques des Nations unies.

Le Maroc, dit-on de source autorisée à Rabat, s’attend par ailleurs à conclure un nouvel accord avec l’Espagne pour renforcer la lutte contre l’immigration clandestine.

"D’autres groupes d’immigrés maliens seront ramenés à bord de quatre autres vols à partir d’Oujda aujourd’hui et demain, ce qui portera à 606 le nombre de Maliens expulsés", a declaré un responsable du gouvernement sous le sceau de l’anonymat.

Oujda, sur la côte méditerranéenne, est un point de passage très utilisé par les clandestins venant de l’Algérie voisine.

Le Maroc, qui a déjà refoulé lundi et mardi vers Dakar 549 immigrés sénégalais, s’est engagé à expulser les clandestins qui transitent sur son sol pour tenter de passer en Europe, notamment via les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila.

"L’Etat marocain prend ses responsabilités dans le combat contre l’immigration clandestine et est décidé à protéger ses frontières", a déclaré mardi soir le vice-ministre des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri.

"PAS UN EURO" DE L’UE

A Genève, le rapporteur spécial de l’Onu sur la question des droits des immigrés, Jorge Bustamante, a exhorté Rabat à suspendre ce pont aérien en faisant valoir qu’il viole les conventions internationales.

"Dans de telles conditions, les expulsions collectives mettent en danger le droit à la vie", a-t-il dit dans un communiqué. "J’invite le gouvernement marocain à suspendre de toute urgence ces expulsions collectives".

Il a par ailleurs demandé aux autorités espagnoles et marocaines de mener une enquête conjointe sur le décès de 11 immigrés près des enclaves espagnoles d’Afrique du Nord. Les forces de l’ordre pourraient être responsables de ces morts.

De leur côté, Fihri et Moustafa Sahel, le ministre marocain de l’Intérieur, ont dénoncé le fait que Rabat ne recevait "pas un euro" de l’UE pour mener la lutte contre l’immigration clandestine.

"L’immigration clandestine est liée à de nombreux facteurs et implique de nombreux pays. Pourquoi ne montrent-ils du doigt que le Maroc ?", a déclaré Sahel.

Il a notamment demandé à l’UE de faire pression sur l’Algérie pour qu’elle empêche les clandestins de transiter par son territoire pour rejoindre le Maroc.

Des centaines d’Africains ont tenté ces dernières semaines de gagner l’Europe via Ceuta et Melilla, ce qui a amené le Maroc et l’Espagne à renforcer la surveillance à leurs frontières communes.


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