La vie de l’avocate tunisienne Radhia Nasraoui est en danger

samedi 29 novembre 2003

L’avocate et militante des droits de l’Homme tunisienne Radhia Nasraoui observe, depuis le 15 octobre 2003, une grève de la faim pour défendre sa « dignité, en tant qu’avocate et en tant que citoyenne ». Par son action Radhia Nasraoui entend dénoncer l’harcèlement et les violences policières dont sont victimes ses proches, ses amis, ses clients, ainsi qu’elle-même et exiger l’arrêt de toutes ces persécutions. En effet, depuis plusieurs années, son domicile, son bureau, son courrier et ses déplacements sont sous l’étroite surveillance de la police politique tunisienne ; son téléphone, quand il n’est pas coupé, est sous écoute ; les plaintes qu’elle a déposé suite aux saccages de son cabinet ou plus récemment contre les policiers qui l’ont agressé sont restées sans suite. Ce climat de terreur et d’intimidation que font subir les autorités tunisiennes aux militants des droits de l’Homme s’est particulièrement aggravé ces derniers temps, pour tenter de les décourager, les isoler et leur couper les vivres.

Dans un long texte publié le 24 novembre 2003, puis dans une tribune parue dans le journal Le Monde du 27 novembre 2003, Me Radhia Nasraoui a dressé un véritable réquisitoire contre la répression policière que mène à son encontre le régime de Ben Ali. Elle a réitéré sa détermination à poursuivre son action jusqu’à la satisfaction de ses revendications malgré son affaiblissement physique.

Après un silence total observé pendant les premières semaines, les autorités tunisiennes ont réagi cyniquement et déclaré que le harcèlement et les agressions que dénonce Me Radhia Nasraoui ne seraient que « des allégations dépourvues de tout fondement » !! Aujourd’hui, la vie de Radhia Nasraoui est sérieusement mise en danger. Dans un bulletin médical publié le 27 novembre 2003, son comité médical s’est déclaré « particulièrement alarmé et considère qu’à partir de ce stade, le pronostic vital de Me Nasraoui est en jeu ». Elle a perdu 13 kilos et présente une déshydratation importante. Elle souffre également de troubles neurologiques ainsi que de perturbations biologiques. Nous tenons les autorités tunisiennes pour responsables de la dégradation de l’état de santé de Me Radhia Nassraoui et des conséquences engendrées par cette grève de la faim.

Nous saluons le formidable élan de solidarité, tant à l’échelle nationale qu’internationale, avec Me Radhia Nasraoui et renouvelons notre appel à tous les démocrates et les militants des droits de l’Homme à amplifier et élargir leurs actions de soutien à Me Radhia Nassraoui dans sa grève pour la défense de ses droits.

Nous tenons à réaffirmer notre entière solidarité avec Me Radhia Nasraoui et nous vous appelons à venir nombreux au rassemblement que nous organisons pour exiger des autorités tunisiennes : § l’arrêt immédiat de toutes les persécutions à l’encontre de maître Radhia Nasraoui et de tous les militants des droits humains en Tunisie. § Le respect des libertés fondamentales et des droits de l’Homme en Tunisie. § La promulgation d’une loi d’amnistie générale pour tous les prisonniers d’opinion en Tunisie.

Le comité de soutien à Radhia Nasraoui à Paris(*) soutienRNasraoui@ifrance.com

RASSEMBLEMENT PRÈS DE L’AMBASSADE DE TUNISIE A PARIS MARDI 2 DECEMBRE 2003 A 18H00 METRO SAINT FRANÇOIS XAVIER (LIGNE 13)

(*)Premiers signataires : Association des Tunisiens en France (ATF) ; Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) ; Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) ; Collectif des Familles des Disparu(e)s en Algérie (CFDA) ; Comite pour les Libertés en Tunisie Aix-Marseille ; Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) ; Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) ; Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) ; Femmes Plurielles ; Forum Marocain pour la Vérité et la Justice - section française (FMVJ-France) ; Hourriya/Liberté ; Jeunesse des Démocrates Marocains à l’Etranger (JDME) ; Union des Jeunesses Maghrébines (UJM) ; Vérité et justice pour l’Algérie ; Union Générale des Etudiants de Tunisie-France (UGET-France) ; Union des Etudiants Algériens de France (UEAF) ; coordination des groupes de femmes « Egalité ».

Avec le soutien de : Congrès Pour la République (CPR) ; Convergence des Démocrates Marocains à l’Etranger ; Ettajdid-France ; Forum Démocratique Pour le Travail et les Libertés (FDTL) ; Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT) ; Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) ; Parti du Travail d’Iran (Toufan).


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