Familles de disparu(e)s en Algérie : Marche pour la Vérité et la Justice

Communiqué

jeudi 30 septembre 2004

Depuis 1992, des milliers de personnes de tous âges et de toutes catégories sociales ont disparu en Algérie sans que les autorités ne donnent suite aux demandes d’enquêtes exigées par les familles des victimes, leurs avocats et les défenseurs des droits de l’Homme. Pour demander que le droit à la vérité et à la justice pour ces familles soit respecté, SOS disparu(e)s et le Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA) appellent toutes les familles à se rassembler et

Vous invitent à les rejoindre pour effectuer Une Marche pour la Vérité et la Justice le mardi 5 octobre 2004 à 10 heures devant le Palais de la Présidence à Alger

Cette nouvelle action s’inscrit dans le combat des familles de disparu(e)s entamé depuis 1998. Une tournée organisée cette année-là dans plusieurs grandes villes européennes a permis à des mères algériennes de disparus de sensibiliser l’opinion publique internationale et nationale à ce drame. Le 2 août 1998, les mères de disparus ont tenu leur premier rassemblement hebdomadaire devant le siège de l’Observatoire national des droits de l’Homme (ONDH) pour réclamer vérité et justice. Dès lors le mouvement des familles de disparu(e)s n’a cessé de s’étendre. Le 15 septembre 2001, le premier bureau de SOS disparu(e)s ouvre ses portes à Alger avec l’aide du CFDA afin d’accueillir les familles qui affluent de toute l’Algérie pour déposer le dossier d’un fils, d’une fille ou d’un mari disparu. Depuis 2003, SOS disparu(e)s s’est étendu en ouvrant 2 nouveaux bureaux à Oran et à Constantine et projette encore de rassembler les familles d’autres régions de l’Algérie.

Face à ce combat des familles, les autorités au pouvoir depuis 3 ans n’ont su opposer que des succédanés de solution. La mise en place en 2001 de la Commission Nationale Consultative de Promotion et Protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), succédant à la défunte ONDH, ne permettra pas de faire avancer favorablement le dossier des disparitions. Si le combat des familles a permis de briser le tabou des disparitions forcées en Algérie, le gouvernement n’a eu de cesse de proposer une seule et unique solution aux familles : l’indemnisation, dont le montant n’a cessé de varier au fil du temps. C’est aujourd’hui encore dans ce seul but que travaille la commission ad hoc qui sous-traite depuis bientôt un an le dossier des disparu(e)s au sein de la CNCPPDH.

Les familles et leurs défenseurs ne reconnaissent à cette commission ad hoc, dépourvu par son décret d’institution de tout pouvoir réel, aucune effectivité et elles demandent à ce que leurs revendications soient enfin écoutées et que la Vérité et la Justice soient réalisées pour elles et leurs disparu(e)s.

C’est pourquoi au travers de cette marche prévue le 5 octobre, les familles exigent l’établissement rapide d’une véritable Commission Vérité et Justice en Algérie pour que toute la lumière soit faite sur le drame algérien, dont les disparitions forcées, et pour permettre à ce pays de se reconstruire sur des bases assainies et solidifiées.

Fait à Alger, le 22 septembre 2004

Nassera DUTOUR :Porte-parole Fatima YOUS : Présidente de SOS disparu(e)s

Avec le soutien de :

(Prénom, Nom, Fonction / Organisation)

Par mail à l’adresse d’expédition : yn.dutour@wanadoo.fr

Par fax au numéro suivant : 01-42-43-84-87 ou 01-49-28-09-30


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