Emigration : des centaines d’Africains à la frontière maroco-algérienne

samedi 8 octobre 2005

samedi 8 octobre 2005, 13h37 A LA FRONTIERE MAROCO-ALGERIENNE (AFP) - Des centaines d’émigrés africains sont massés dans le désert le long de la frontière maroco-algérienne dans le plus grand dénuement, a constaté samedi un photographe de l’AFP. Parmi eux, de nombreux Maliens, qui ont indiqué qu’ils "rêvaient d’aller à Melilla", l’enclave espagnole du nord-marocain, théâtre ces dernières semaines de tentatives d’infiltration massives d’émigrants africains désireux d’entrer dans l’espace communautaire européen, selon ce photographe joint depuis Madrid.

"Certains disent avoir déjà tenté à sept ou huit reprises de se rendre à pied à Melilla mais qu’ils ont à chaque fois été reconduits à la frontière" avec l’Algérie par les forces de sécurité marocaines, a rapporté le photographe de l’AFP. Ce dernier a également indiqué avoir assisté samedi matin à une opération spéciale de la gendarmerie marocaine dans le désert, au cours de laquelle 82 clandestins africains ont été interpellés, selon son décompte. Les gendarmes marocains circulaient en convoi à bord d’une quinzaine de véhicules tout-terrain. Ils étaient équipés de moyens anti-émeutes et appuyés par un hélicoptère, a rapporté le photographe.

"Tout le long de la frontière, il y a des groupes de 8 ou 10 Africains, parfois de 30 ou 40. Ils demandent tous à manger", a indiqué le photographe, qui se trouvait à une soixantaine de kilomètres d’El Aouina-Souatar, près de la frontière algérienne. C’est dans cette zone que l’association Médecins sans frontières (MSF) a indiqué avoir localisé jeudi soir "plus de 500 immigrants abandonnés à leur sort dans le désert du sud du Maroc après avoir été expulsés" des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla (nord du Maroc).

MSF a transporté des vivres et de l’aide médicale vers El Aouina-Souatar et fait hospitaliser six de ces émigrants clandestins à Bouarfa, un peu au nord de la zone où se trouve le groupe. Samedi matin, MSF n’a pas été autorisée à visiter et soigner ces malades à l’hôpital de Bouarfa, selon le photographe de l’AFP qui se trouvait sur place plus tôt dans la matinée.

Des ONG espagnoles se basant sur des témoignages de clandestins affirment que sur le groupe d’environ 500 africains localisé par MSF, une vingtaine auraient péri dans le désert. Mais le responsable espagnol de MSF sur place, Javier Gabaldon, a déclaré samedi matin à la radio espagnole privée Cadena Ser ne pas avoir rencontré pour le moment de cadavres. Il a précisé que MSF était actuellement la seule organisation non gouvernementale sur le terrain.


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