Coordination SOS migrants Maroc - Europe

Communiqué

samedi 8 octobre 2005

Le destin tragique des subsahariens semble scellé par les États espagnol et marocain. Nulle concession à leur égard et nulle solution humaine ou humanitaire ne se pointent à l’horizon. Il ne se passe pas un jour sans qu’il apporte son obole de souffrance et de morts contre une population fragilisée, exténuée et sans ressources. Son seul crime est d’avoir rêvé traverser les frontières pour atteindre « l’Eldorado Européen » et vendre sa force de travail.

Les médias du monde civilisé se complaisent à décrire ce drame sous l’angle d’une horde barbare à l’assaut contre le bien-être d’une Europe tranquille. Désinformer et faire gober des contre-vérités à l’opinion devient un art d’ignorer la misère d’autrui.

Alors qu’une certaine presse marocaine indigne, traite ces subsahariens de « criquets venant ravager le pays », rend explicitement licite leur neutralisation - (leur déportation dans le désert algérien, malien ou mauritanien) - et leur mise à mort, on a trouvé 12 d’entre eux récemment parmi les déportés du nord du Maroc vers le désert de Béchar, morts exténués. Si ce sont la faim, la fatigue et la soif qui causent leur mort ici, là ce sont des balles qui les blessent ou les transpercent (on a dénombré huit morts et nombre de blessés aux frontières de Ceuta et Melilla).

Il est répréhensible et honteux que les informations officielles omettent de révéler la vie infernale que font mener les autorités marocaines, avec l’aval de l’Europe, à ces subsahariens poussés par la force de l’insupportable, à escalader les murs infamants pour retrouver un semblant de répit, de soin et de nourriture dans les enclaves de Ceuta et de Melilla.

Nous dénonçons cette folle réalité. Nous refusons la fatalité, construite de toute pièce par les intérêts mercantiles non avoués. Nous rappelons aux décideurs européens, leur devoir d’humanité, et le ferme attachement de l’opinion aux valeurs partagées. Nous demandons aux sociétés civiles des deux contrées (Maroc-Europe), ainsi qu’aux instances internationales qui oeuvrent dans le sens de propager les valeurs des droits humains, de dénoncer et d’exiger que l’on respecte les principes universels du droit, pour arrêter promptement cette mascarade délétère.

Bruxelles, le 7/10/2005


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