Appel de soutien de m. Souaïdia

mercredi 15 février 2006

M. Souaïdia,auteur du livre « La sale guerre » vient d’être condamné à mort en Algérie. Appel : Refusons le terrorisme d’Etat, soutenons Habib Souaïdia !

Le 23 janvier 2006, le tribunal criminel de Bouira a condamné, par contumace, M. Habib Souaïdia, à la peine capitale. M. Souaïdia avait publié un livre en février 2001, aux Editions La Découverte, sous le titre « La sale guerre », dans lequel il a dénoncé avec courage les exactions et crimes contre l’humanité commis par ses chefs militaires contre les populations civiles en Algérie, durant la dernière décennie. Les militants des droits de l’homme, ONG et associations de divers horizons enquêtant sur ces crimes, avaient soutenu le précieux témoignage de M. Souaïdia, dans la mesure où, sans blanchir les groupes armés de leurs crimes, il ne faisait que confirmer les milliers de témoignages en leur possession.

Fait invraisemblable : La condamnation de M. Souaïdia émane d’un tribunal civil, alors que les faits qui lui seraient reprochés auraient été commis dans l’exercice de sa fonction d’officier des forces spéciales et qu’en la matière seul un tribunal militaire est habilité à le juger. En outre, lors de cette parodie de justice, tous les témoins et plaignants cités par le ministère public étaient absents. En avril 2002, M. Souaïdia avait déjà subi les foudres de ses chefs militaires qui l’ont fait juger et condamner par contumace à vingt ans de prison pour « participation à une entreprise d’affaiblissement du moral de l’armée nationale ». En juillet 2002, c’est l’ancien ministre de La Défense, le général Khaled Nezzar en personne, qui intentait un procès en diffamation contre M. Souaïdia. Sans succès, le général avait été débouté par la justice française qui a pu apprécier, à juste titre, la bonne foi de M. Souaïdia et des nombreux témoins appelés à l’initiative de sa défense.

Le vote, le 23 septembre 2005, de la charte dite de « réconciliation nationale » avait déjà été dénoncé par tous les spécialistes des droits de l’homme comme une légalisation de l’impunité et une négation des droits des victimes à la justice et à la vérité. Mais à l’heure où, plus que jamais, la communauté algérienne des droits de l’homme, soutenue par les ONG et militants de tous continents, se mobilise pour la vérité et la justice sur ces crimes, il s’avère par ces méthodes, pour le moins grotesques et indignes d’un Etat, que la réponse des autorités, de droit ou de fait, algériennes est la négation par le subterfuge.

Nous, défenseurs des droits de l’homme, défenseurs de la liberté d’expression, intellectuels, membres associatifs et citoyens libres du monde de tout horizon, dénonçons avec fermeté les graves pressions et intimidations dont a fait l’objet M. Souaïdia par cette condamnation à mort. Nous interpellons et appelons à la mobilisation la communauté internationale, quant à la grave situation des droits de l’homme en Algérie, où les crimes de disparition, de torture et d’exécution sommaire sont toujours pratiqués en toute impunité.

Ensemble, femmes et hommes debout, nous refusons le terrorisme d’Etat et nous nous tenons aux cotés de M. Souaïdia, que nous assurons de notre soutien !

Ont déjà signé cet appel :Abdelkader Tigha, Ahmed Simozrag, Anouar Koutchoukali, Armand Veilleux, François Gèze, Mehdi Mosbah, Mohamed Samraoui. Moncef Marzouki, Mourad Dhina...

Ce texte sera publié sur tous moyens d’expression (Net, journaux, etc) une fois qu’il aura recueilli un grand nombre de signatures. Merci de joindre vos nom, prénom et si possible votre fonction. Merci de diffuser au plus grand nombre (même si, pour des raisons qui restent les votre, vous ne signez ce texte).

Merci de communiquer l’email pour récolter les signatures : Mehdi-mosbah@voila.fr


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