Association des Travailleurs Maghrébins de France
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Commentaires sur le rapport du Conseil National des Droits de l’Homme (Maroc) à propos du Hirak du Rif (Hirak Al-Rif)

1) Mot de l’Association TAFRA
2) Mot de l’ATMF
3) Contribution d’Aboubakr Jamaï : journaliste et universitaire
4) Le commentaire sur le rapport du Conseil National des Droits de l’Homme (Maroc) à propos du Hirak du Rif : en bas de l’article (PDF)

MOT DE L’ASSOCIATION TAFRA

Aujourd’hui, 05 mars 2021, est le quatrième anniversaire de l’approbation du document/ dossier des revendications du Hirak populaire du Rif. Approbation publique qui a eu lieu le 5 mars 2017 sur la place Calabonita à Al-Hoceima. Et en cette occasion importante, nous sommes honorés, au sein de l’Association de Tafra pour la Loyauté et la Solidarité, de co-publier avec l’Association des Travailleurs Maghrébins de France, ce commentaire sur le rapport du Conseil National des Droits de l’Homme sur le Hirak du Rif. Nous espérons que cet effort, sincèrement déployé par son auteur, soit l’occasion d’échanges sereins et motive d’autres commentaires sur le rapport du Conseil National des Droits de l’Homme. Nous affirmons, par l’occasion, la prédisposition de l’Association Tafra à coopérer à tout travail collectif allant dans ce sens avec toutes les personnes sincères.

En publiant ce commentaire remarquable, nous voulons restituer la symbolique de cette étape aux significations profondes et denses, et rappeler le caractère central du dossier des revendications en termes de méthodologie, de formulation, sans oublier sa trajectoire participative et son approbation démocratique. Il y va également de la justesse et de la crédibilité de ses revendications. Nous voulons également rappeler la légitimité du Hirak populaire dans le Rif et réaffirmer l’innocence de ses prisonniers politiques qui doivent être libérés sans condition. C’est également pour avertir l’Etat marocain quant à son erreur historique consistant à traiter le Hirak via une approche répressive et sécuritaire qui lui fait commettre des de nouveau chapitre de violations graves des droits de l’homme dans le Rif et dans l’ensemble du pays.

Ce commentaire est le premier en son genre dans sa précision conceptuelle et théorique, en plus de sa profondeur dans le traitement du rapport du Conseil national. Il réfute les indications fallacieuses et les allégations puisées par le Conseil dans les procès-verbaux de la police judiciaire et du ministère public ainsi que dans les déclarations de la défense de la partie civile et des faux témoins. Il conteste également la diabolisation du Hirak populaire dans le Rif et ses militants, une diabolisation qui émane de la réduction du Hirak à des actes de violence, de désordre, de propagation de la haine, l’extrémisme et le racisme. Et cela seulement parce qu’il a demandé à l’État de reconnaître l’histoire du Rif, de réhabiliter ses symboles ainsi que de révéler la vérité sur les violations graves des droits de l’homme qu’il a subies un siècle durant. Même si le Conseil reconnait que ce qu’a connu la région du Rif constitue un « événement exceptionnel dans la vie politique, économique et culturelle du Maroc moderne ; Que ce soit par sa durée, son envergure ou ses répercussions », et que cela « n’a pas d’équivalent dans les contextes des droits de l’homme au Maroc », il (le Conseil) a procédé à dépouiller le Hirak populaire dans le Rif de son identité de son identité nominative et de son caractère sociétal. Il le fait en biffant le concept du Hirak et en le réduisant une expression vague à savoir «les manifestations d’Al Hoceima». Il a même tenté d’occulter sa réalité pacifique, civilisée et revendicative, se faisant ainsi le relais officiel pour blanchir l’Etat des violations des droits de l’homme qu’il a commises dans le Rif et pour enlever à ses détenus le statut de détenus politiques.

Le rapport du Conseil a tenté de justifier l’usage de la violence et de la répression contre le Hirak du Rif en en distinguant deux phases : une phase marquée par des protestations pacifiques et prend fin le 26 mars 2017 et l’autre phase (suivante) marquée par les protestations violentes. Cependant, le retour à la chronologie du Hirak montre que le recours de l’Etat à la répression et à la violence a commencé immédiatement après la présentation du projet du dossier revendicatif, soit en imposant un siège à la ville d’Al-Hoceima ou en occupant ses places qui accueillaient les manifestations des militants du Hirak et des masses populaires. Ce fut le cas de la place Mohammed VI (place des Martyrs) sous prétexte d’organiser une foire des produits artisanaux. Ou encore en violentant les manifestants, en empêchant leur rassemblement et en les poursuivant dans les rues de la ville. Ce fut le cas de l’interdiction de la marche commémorative de la mort de Mohamed Ben Abdelkrim Al-Khattabi et de l’approbation du dossier revendicatif le 5 février 2017. La vérité que le rapport du Conseil occulte est que malgré le climat terrible imposé par l’État dans la ville d’Al Hoceima, les militants du Hirak ont appelé dans leurs communiqués à tous les citoyens à rester calmes, à ne pas réagir aux provocations des forces de sécurité et à s’en tenir à la non-violence. Cela a donné au Hirak une impulsion supplémentaire, et les marches du Hirak s’étaient déplacées hors de la ville d’Al-Hoceima: Imzouren, Bni Bouayach, Boukidan, Tamassint, Trougout, Nador, Al Aroui, Selouane, Targuist, Bni Hdifa, Bni Boufrah, Oulad Amghar … La première tentative de répression du Hirak a par conséquent échoué et s’est terminée par la levée le siège de la ville d’Al-Hoceima et par l’approbation du dossier revendicatif le 5 mars 2017.

Alors que le rapport du Conseil ferme les yeux sur la nature pacifique, civilisée, artistique et esthétique des protestations du Hirak du Rif dans le but de l’extraire de son identité culturelle et sociétale et de le réduire à l’extrémisme, à la haine, au racisme et au repli, il s’est attelé à redorer l’image de l’État et ses appareils. Il présente celui-ci comme une victime et ne dit rien sur sa violence féroce contre le Hirak. Il justifie ouvertement la violence en usant des allégations trompeuses et fallacieuses, et une sélectivité scandaleuse. Comme si les appareils sécuritaires de l’État n’ont pas torturé les détenus et pris d’assaut les domiciles. Comme si ces mêmes appareils n’ont pas cassé les portes, détruit les propriétés privées et publiques et exercé de la violence physique et verbale contre le droit des citoyens de toutes catégories, de tous genres et non armés. Comme si ces appareils n’ont pas entravé le droit des citoyens à la circulation et n’ont pas tué un citoyen par balles.

Pour rendre crédible ses conclusions, le rapport n’a pas hésité, et sans vergogne, de prétendre que le Conseil « a tenu une réunion avec l’Association Tafra à propos de ce qui s’est passé », ce qui suggère que la réunion aurait porté sur le rapport. Nous considérons cela comme une calomnie et une entorse morale de la part du Conseil dans sa composition actuelle, et cela met à nu ses prétentions à l’objectivité et la neutralité et couvre de suspicion les desseins de ses efforts. Nous affirmons que la réunion avec le Conseil ne portait pas sur le rapport, mais sur la situation tragique des détenus du Hirak du Rif dans diverses prisons. Nous avons, en effet, appelé le Conseil à activer ses compétences constitutionnelles et juridiques et à intervenir auprès de Délégation Générale de l’Administration Pénitentiaire pour rassembler les détenus, dans les plus brefs délais, dans la prison la plus proche de leurs familles et de fournir à celles-ci un moyen de transport pour leur rendre visite. Nous lui avons également demandé de leur permettre l’accès à leurs dossiers médicaux et de répondre aux demandes urgentes et immédiates des détenus politiques en ce moment-là.

Parmi les anecdotes qui ont marqué cette réunion, ce que M. Ahmed Zafzafi, président de l’Association Tafra, a dit à la présidente du Conseil lorsqu’elle justifiait en détail le retard du Conseil dans la publication de son rapport : «libérez les gars et prenez le rapport.» Si seulement le Conseil dans sa composition actuelle avait suivi cet avis au lieu d’être un faux témoin, de faire preuve de diligence pour justifier la violation des droits de l’homme, de transformer la victime en bourreau et d’acquitter les auteurs de graves violations des droits de l’homme à l’encontre des militants du Hirak du Rif et l’ensemble de la population. On en cite le meurtre par broyage dans une poubelle ou par balles, l’interdiction de la protestation pacifique et la dispersion des manifestants par la violence et l’usage aléatoire et excessif de gaz lacrymogène dans des zones peuplées, la destruction de biens publics et privés par les forces de sécurité, la militarisation du Rif, les enlèvements et détentions arbitraires, la torture physique et psychologique, les parodies de procès, les verdicts injustes et inéquitables, la dispersion des détenus politiques, la vindicte et les traitements racistes.

L’insistance du rapport du Conseil à intégrer des faits non objectifs et des conclusions partiales, nous met face à un rapport en porte à faux avec les droits de l’homme ; voire même face à une version politique cohérente avec la version de la majorité gouvernementale et l’orientation sécuritaire. Nous sommes plus précisément, devant un rapport / faux témoignage contre l’histoire. Par conséquent, nous attirons l’attention de l’État sur la nécessité de mettre en œuvre la justice, l’équité et la reconnaissance face aux répercussions du Hirak du Rif, car quand bien même seraient ses intentions sincères et prometteuses, le passé continuera à déteindre sur elles tant que les blessures ne sont pas traitées avec justice.

Association Tafra, le 5 mars 2021

 


L’Association des Travailleurs Maghrébins de France et l’Association TAFRA pour la solidarité et la fidélité diffusent conjointement un commentaire à propos du Rapport du conseil national des droits de l’homme sur le Hirak du Rif : Pourquoi ?

 

Pourquoi le commentaire ?

Le Commentaire est un document factuel, reposant sur des événements documentés, datés et précisés, mais également un éclairage s’appuyant sur une analyse juridique. Il a pour objectif de mettre en exergue les aspects  subjectifs et fallacieux portées par certaines affirmations du conseil national des droits de l’homme, révélatrices d’une compromission et d’une instrumentalisation de cet organe. C’est également, un outil pour relancer une campagne en faveur de la libération des militants du Hirak, de tous les militants et citoyens victimes de la répression.

Pourquoi aujourd’hui ?

L’actualité au Maroc, est une succession de démonstrations prouvant, si besoin, que le Hirak du Rif est une expression populaire de revendications dénonçant l’impasse de politiques  économiques, sociales et culturelles basées sur un système prédateur s’accaparant les richesses du pays, usant d’une répression systémique de toute forme de contestation ou d’expression critique.

L’État de non-droit, s’est particulièrement illustré en condamnant les militants du « Hirak » du Rif à de lourdes peines, pour certains, allant à 20 ans de prison. Une répression qui n’est pas une exception. Elle n’a cessé et continue, de s’abattre sur des citoyens, des artistes, des youtubeurs, des activistes de droits humains. De nombreux journalistes sont accusés de violences sexuelles, de viols, de trafics d’êtres humains, de blanchiment, d’atteinte à la sécurité d’état… Une surveillance de masse est à l’œuvre, allant jusqu’à infiltrer les téléphones de certains militants par coûteux logiciel espion Pegasus de l’entreprise israélienne NSO.

Tout en instaurant un climat de terreur, le régime au Maroc continue à revendiquer une prétendue ouverture démocratique. Pour cela, il a recours à une conjonction entre l’appareil policier et judiciaire, prétendant que le droit est respecté. Ces pratiques sont exportées en dehors du Maroc. Un communiqué commun de la DGSN, de la DGST et de la DGED, annonce le dépôt de plaintes contre les personnes portant atteinte aux institutions marocaines depuis l’étranger, l’arrestation du youtubeur américano-marocain. 

Face à ces graves atteintes aux libertés et aux droits humains, c’est le silence coupable. Les intérêts d’un Etat, et particulièrement ceux de la France, ne peuvent être une raison pour sacrifier ceux des peuples se battant pour leur dignité, la justice sociale, la liberté et la démocratie.

C’est pourquoi, s’impose l’exigence de la liberté pour toutes les voix contestantes, dénonçant l’arbitraire, la marginalisation sociale et culturelle, ainsi que l’absence de perspectives poussant toute une jeunesse à sacrifier sa vie dans des barques de la mort. C’est pourquoi, s’impose l’exigence de la libération des militants du Hirak du Rif et de tous les Hirak.

ATMF, 05 mars 2021


Contribution d’Aboubakr Jamaï : journaliste et universitaire

 

Cette étude fait œuvre utile. Sa mission première est d’exposer les défaillances d’un rapport émanant d’une organisation censée protéger les droits de l’homme. Ce faisant, elle jette une lumière crue sur la fonction politique du CNDH : rendre présentable l’autoritarisme du régime marocain.

 

Comme l’atteste la présente étude, le CNDH fait partie de ces nombreux faux nez institutionnels dont se pare le système. Ils permettent de maintenir l’illusion de la démocratisation si ce n’est de la démocratie. Il est bien arrivé au CNDH de pointer les manquements de l’Etat. Son ancien président a bien déclaré, que des militants du Hirak avaient été torturés. Mais il l’a fait comme le ferait une montre cassée qui donne l’heure, juste deux fois par jour. Ce n’est donc pas le moindre des intérêts de cette étude, que de montrer par la preuve, et non l’incantation, la facticité de ces institutions cache-sexe.

 

Ce rapport contribue surtout à mieux mesurer l’importance du Hirak dans la série d’événements majeurs qui façonnent l’ardu chemin vers un Maroc de la dignité et de la liberté. Il documente le prix élevé payé par les femmes et les hommes qui ont mené et participé à ce Hirak. Mais leurs sacrifices n’auront pas été vains. Le mouvement du 20 Février avait poussé le régime à reconnaître dans le discours, que l’on peut qualifier d’armistice du 9 Mars 2011, l’obsolescence de ses institutions politiques. Le Hirak du Rif a forcé le régime à des réactions autoritaristes qui ont souligné la fiction des réformes soi-disant démocratiques de l’après 2011 et de sa constitution octroyée. Après les sévices infligés à Nacer Zefzafi et ses compagnons, après la parodie de justice dont ils ont été victimes, qui peut encore prétendre que la constitution de 2011 et les institutions qui en sont nés constituent un tournant démocratique ?

 

Le Hirak est survenu dans une région électoralement dominée par le Parti de l’Authenticité et de la Modernité. Un parti fondé par le conseiller du Roi le plus influent du régime. Si le Hirak en a démontré l’insignifiance, il a surtout souligné la vanité des projets politiques préfabriqués face à au mécontentement des citoyens.

 

Le Hirak a poussé le régime à un autre aveu d’échec. Celui de son modèle économique. C’est un vieil argument de l’autoritarisme, que de prétendre que sa gouvernance économique est plus efficace que celle des régimes démocratiques. Grâce aux militants du Hirak, celui du Maroc aura vécu. La liste des revendications économiques et sociales défendue par le Hirak, a souligné l’ineptie d’un modèle économique rentier basé sur les investissements de prestige sans réel impact sur le bien-être des citoyens.

 

Enfin et ce n’est pas le moindre des enseignements. Le Hirak a généré un groupe de jeunes leaders. Par leur courage et l’articulation de leur action, ils ont démenti la thèse de la décérébration politique des jeunes générations. S‘ils paient cher leur militantisme, ils ont semé les graines d’un Maroc meilleur.

05 mars 2021


 

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport : Commentaire Rapport CNDH – Maroc

 

 

 

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L’ATMF a besoin de votre soutien !

L’ATMF, 44 ans d’existence, 44 ans de luttes, 20 associations membres implantées dans les quartiers populaires sur le territoire national , un pan d’histoire d’une association résolument ancrée dans ce qui fait sa raison d’être :

-La défense de l’égalité des droits, de tous les droits ; celles des citoyens de France, français comme migrants, avec ou sans papiers, premières comme nouvelles générations, vieilles comme jeunes ;

-La défense des libertés, de toutes les libertés ; liberté de pensée, liberté d’expression, liberté de circulation, liberté d’installation, libertés fondamentales

L’ATMF, 44 ans d’existence, 44 ans de combats, où chaque petite action compte, parce que se souciant des réalités, des besoins et des aspirations des « petites gens », pour qui traverser la rue ne suffit pas à ouvrir des portes : des actions sociales et juridiques, socio-éducatives, scolaires et parentales, culturelles et linguistiques, des actions inter générationnelles accompagnant vieux et vieilles migrant-e-s, femmes, jeunes, enfants, primo-arrivants, sans papiers, demandeurs d’asile, des actions dénonçant le sexisme, le racisme, la xénophobie, les violences policières, l’islamophobie, les atteintes aux libertés, aux droits de toutes et tous à l’emploi, au logement, à l’éducation, aux soins, à la culture, à la dignité…

Aujourd’hui l’ATMF fait face à de graves difficultés financières : la subvention principale publique allouée à notre association a diminué de 27.3% et d’autres ont tout simplement disparues.

Nos avons besoin de votre soutien pour mener nos combats et nos actions dans un contexte politique inquiétant…

Les dons à l’ATMF, association reconnue d’intérêt général, ouvrent droit à une déduction fiscale de 66% du montant versé sur votre impôt sur le revenu au titre de l’année 2025. Egalement l’ATMF est habilité a recevoir des dons dans le cadre du mécénat d’entreprise (60% du montant du don effectué est déductible de l’impôt sur les sociétés dans la limite de 5% du chiffre d’affaire annuelle hors taxe de l’entreprise donatrice). Faite le savoir !

Vos dons sont plus qu’une aide financière précieuse pour l’association,  c’est un appui fondamental aux actions que nous menons au quotidien.

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Les dons peuvent être réalisés via notre campagne Helloasso : https://www.helloasso.com/associations/association-des-travailleurs-maghrebins-de-france-atmf/formulaires/1                 

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Réseau ATMF à la Fête de l’Humanité – 12 au 14 septembre 2025

Le réseau ATMF sera présent à la Fête de l’Humanité avec un programme riche en solidarité, en échanges et en mobilisations. Stand n°190 – Village du Monde, Rue Jina Mahsa Amini.

Vendredi 12 septembre :

  • Action de solidarité dès 16h30 devant le stand
  • 19h : Education4Gaza, avec une intervention en direct depuis Gaza via Zoom
  • 21h : Animation musicale

Samedi 13 septembre :

  • 11h : Échange et débat avec : Chadia Arab, autrice du livre « Dames de fraises doigts de fée. Les invisibles de la migration saisonnière marocaine en Espagne », et Annelise Verdier, pour l’adaptation BD.
  • 15H : Grand débat « Violences fascistes / Génocide à Gaza : une même logique coloniale – Faisons Front ! » avec la participation de : Saïd Bouamama : Sociologue et militant associatif – Assa Traoré : Militante antiraciste – Samir Abdallah : Réalisateur/Scénariste et militant associatif – Une ou un membre de l’ATMF
  • 21h : Animation musicale

Dimanche 14 septembre :

  • 10h : Conseil d’Administration national de l’ATMF

Tout au long des 3 jours : animations, expositions, rencontres, restauration et ambiance militante sur notre stand.

La fête de l’Humanité se déroule à la base aérienne 217  le Plessis-Pâté / Bretigny-sur-Orge.


Rejoignez-nous !

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Assassinat raciste de Hichem Miraoui

Le sang versé par l’extrême droite coule avec la complicité du pouvoir politique

Hichem Miraoui, coiffeur tunisien de 35 ans, a été exécuté en pleine rue à Puget-sur-Argens, victime d’un crime raciste revendiqué par un militant fasciste, auteur de vidéos haineuses et de publications ouvertement racistes. Une seconde personne, d’origine turque, a été grièvement blessée. Ce crime n’est pas un fait divers. C’est un acte politique. C’est un meurtre nourri par un climat de haine, de stigmatisation systématique des immigrés, des musulmans et des quartiers populaires. C’est un crime encouragé par les discours politiques, amplifié par des complicités médiatiques.

Nous accusons.

Nous accusons les gouvernements successifs qui, loin de protéger les personnes ciblées par le racisme, ont au contraire créé les conditions de leur mise en danger.

Nous accusons les responsables politiques, comme le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui valide les collectifs identitaires, et le Premier ministre François Bayrou, qui reprend les thèses de « submersion migratoire » chères à l’extrême droite.

Nous accusons les éditorialistes et médias dominants qui servent de caisse de résonance à la haine, à la xénophobie, à l’islamophobie, avec une complaisance criminelle.

Nous accusons les pouvoirs publics d’avoir laissé prospérer, voire protégé, des groupuscules fascistes violents, au lieu de les dissoudre et de les combattre frontalement.

Ce crime n’est ni une surprise, ni un accident. Il est le fruit d’un racisme systémique, institutionnel et organisé. Il s’inscrit dans une escalade de violences racistes documentées, banalisées, tolérées. Il intervient après des attaques contre des mosquées, des agressions de militants, des manifestations fascistes à visage découvert. Il intervient dans une France où les victimes du racisme sont suspectées, où les crimes racistes sont minimisés, où les forces de l’ordre répriment les mobilisations antiracistes mais laissent les néonazis défiler.

Ce qui s’est passé à Puget-sur-Argens n’est que l’avant-goût d’un projet d’épuration raciale prôné par une extrême droite décomplexée, et désormais soutenue, dans les faits, par le pouvoir politique.

Nous refusons le silence, l’indignation feinte et les condamnations molles. Nous exigeons des actes, immédiatement :

  • La reconnaissance politique du caractère raciste de l’assassinat de Hichem Miraoui comme crime terroriste d’extrême droite.
  • La dissolution sans délai des groupes et collectifs fascistes, y compris ceux qui bénéficient aujourd’hui de relais institutionnels.
  • La mise en accusation des responsables politiques qui ont légitimé ou soutenu ces discours haineux, ainsi qu’un audit indépendant sur leurs complicités.
  • La mise en place d’un fonds d’urgence pour les victimes du racisme et leurs proches.
  • La fin des politiques racistes et sécuritaires qui servent d’alibi aux violences structurelles.

Le fascisme ne passera pas.

Le racisme tue.

Le discours haineux des politiques est complice.

Nous n’oublierons pas Hichem Miraoui.

Nous n’oublierons pas toutes les victimes du racisme, du fascisme et de la haine.

Conseil d’Administration – 04 juin 2025

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Brahim BOUARRAM et Ibrahim ALI, 30 ans après : l’urgence de se souvenir et d’agir contre le racisme et le fascisme !

Rassemblement le 1er mai de 10h à 12h Paris au Pont du Carrousel

Le 1er mai 1995, Brahim BOUARRAM, 29 ans, est assassiné par des militants d’extrême droite issue du défilé du Front National, jeté dans la Seine depuis le pont du Carrousel. Le 21 février de la même, année Ibrahim ALI est tué par des colleurs d’affiches du FN au carrefour des Quatre-Chemins-des Aygalades à Marseille. Tous deux sont  victimes de  crimes racistes symptomatiques d’une haine entretenue par des discours de stigmatisation et d’exclusion. Ces drames ont marqué une génération et demeurent un rappel cinglant des dangers de l’idéologie xénophobe.

Trente ans plus tard, alors que nous commémorons leur assassinat, force est de constater que les idées qui les ont rendues possible n’ont pas disparu. Pire encore, elles se sont banalisées et infiltrées dans les sphères du pouvoir, donnant lieu à une convergence alarmante entre les discours de l’extrême droite et certaines politiques publiques, en France comme à l’international.

Une résonance mondiale des idées racistes

L’arrivée au pouvoir de figures comme Donald Trump et la complaisance de responsables politiques envers des symboles de haine ont largement contribué à la désinhibition du discours raciste. Cette tendance se traduit par une remise en cause des droits fondamentaux et par la prolifération d’un racisme structurel qui essentialise et hiérarchise les populations.

Le rôle des médias et des grands groupes industriels dans la propagation du racisme

L’extrême droite ne se contente plus d’occuper les sphères politiques : elle bénéficie d’un relais médiatique puissant qui participe activement à la diffusion de ses thèses. Les grands groupes médiatiques, notamment ceux contrôlés par Vincent Bolloré, jouent un rôle fondamental dans la légitimation et la banalisation du discours raciste.

Face à la menace, une résistance indispensable

L’ascension de l’extrême droite et l’adhésion progressive  à ses thèses exigent une vigilance et une mobilisation accrues. Honorer la mémoire de Brahim BOUARRAM, Ibrahim ALI et de toutes les victimes du racisme ne peut se limiter à la commémoration ; cela implique une lutte active contre les mécanismes structurels de discrimination.

La lutte contre le racisme ne saurait être dissociée de celle pour la justice sociale et l’égalité. Elle impose de dénoncer avec force non seulement les actes et propos haineux, mais aussi les politiques qui les favorisent et les médias qui les propagent.

Nous appelons à un sursaut citoyen pour rejeter sans équivoque les idéologies de haine et construire une société plus juste, véritablement égalitaire et fraternelle. L’histoire et l’urgence du présent nous imposent d’agir avec détermination.

Premiers signataires : ATMF ; MRAP ; LDH ;  Assemblée des Quartiers ; FTCR ; ACORT ; Action Antifasciste Tolosa ; Action Antifasciste Paris –Banlieue ; Action Justice Climat Paris ; Act Up-Paris ; AFAPREDESA ; AMDH-Paris ;  AMF ; APCV ; ASDHOM ; ASIAD ; ATF ; Attac France ; CADTM France ; CEDETIM / IPAM ; Collectif « D’Ailleurs Nous Sommes d’Ici » ; Collectif des Musulmans Anticapitalistes ; COPAF ; Collectif Vietnam-Dioxine ; Collectif les Mères Déters ; Comité Adama ; Coudes à coudes ; Coordination Pas sans Nous ; CRDLHT ; CORENS ; DAL ; Droit devant ; FASTI ; Femmes Egalité ; Femmes Plurielles ; Fondation Frantz Fanon ; Front de mères ; FUIQP ; GISTI ; Jeunesse Populaire ; Ka Ubuntu ; L’Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire vivante ; Mémorial 98 ; REMCC ; RAAR ; Samidoun Paris Banlieue ;Résister Aujourd’hui ; ROSMERTA ; Tsedek ; UJFP ; UTAC ; UTIT ; VISA ; Union Générale des Vietnamiens de France ; ONED – Observatoire national de l’extrême droite ; CNT ; UL CGT Paris 18e ; Union Syndicale Solidaires ; UD CGT ; EELV ; Ensemble ! ; PCF ; La France Insoumise ; PEPS-Pour une Ecologie Populaire et Solidaire ; PCOF ; NPA-A ; Révolution Permanente ; l’Après – l’Association pour la République écologique et sociale

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Meeting des Eurodéputé.es pour la PALESTINE – Strasbourg, 6 mai 2025

Le Collectif Palestine 67, dont fait partie l’ATMF Strasbourg, vous invite à un événement inédit en France :  

 Mardi 6 mai 2025 –  20h –  Salle de la Bourse, Strasbourg

 MEETING DES DÉPUTÉ·E·S EUROPÉEN·NE·S POUR LA PALESTINE  

Un moment fort de solidarité internationale en présence de député·e·s engagé·e·s pour la justice, la paix et le respect du droit international.

 Interviendront :  

– Marc Botenga  

– Rima Hassan  

– Emma Fourreau  

– Manon Aubry  

– Saskia Bricmont  

– Ana Miranda  

– Mounir Satouri  

Avec la participation du député français Emmanuel Fernandes.

Témoignage de terrain :  

Nous aurons l’honneur d’accueillir Ismaïl Rabah, ancien journaliste à Gaza, qui viendra témoigner de la situation dramatique sur place.

PROGRAMME COMPLET :  

 17h – Ouverture de l’exposition du Syndicat des journalistes palestiniens :  

« Palestine : les journalistes pris pour cible ? »  

 19h – Ouverture des portes  

 19h30 – Projection des portraits « GAZA VISAGES 

 20h – Lancement du meeting avec les interventions des eurodéputé·e·s et échanges avec la salle

 Entrée gratuite  

 Une participation libre sera proposée à la fin pour soutenir l’organisation.

 Rejoignez-nous en direct sur nos réseaux :  

– [Facebook] : (https://www.facebook.com/share/18ksVcZayr/)  

– [Instagram] : (https://www.instagram.com/marchespalestine67)  

– [TikTok] : (https://www.tiktok.com/@marchespalestine67)

Un rendez-vous à ne pas manquer pour toutes celles et ceux qui défendent la liberté, la dignité humaine, et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

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Face à la multiplication des actes de violence d’extrême droite : L’urgence d’une réponse ferme et globale

L’ATMF tient à exprimer sa profonde inquiétude face à la recrudescence alarmante des actes de violence perpétrés par des groupuscules d’extrême droite en France et en Europe.

Le récent incendie criminel visant la salle de prière à Jargeau, n’est que le dernier exemple d’une série d’attaques odieuses motivées par la haine raciale et religieuse. Il s’inscrit dans une dynamique inquiétante, caractérisée par une augmentation significative des agressions à l’encontre de lieux ou personnes perçues comme étrangères ou musulmans, les militants associatifs antifascistes ou féministes, de partis politiques de gauche et écologistes. L’arrivée potentielle de l’extrême droite au pouvoir semble ouvrir les vannes d’une violence raciste, politique et institutionnelle inédite depuis des décennies.

La réalité des faits :

  • 27 janvier 2025 : Le premier ministre, François Bayrou se fait le porte-parole des thèses de l’extrême droite. Il estime « que les apports étrangers sont positifs pour un peuple, à condition qu’ils ne dépassent pas une [certaine] proportion ». « Mais, dès l’instant que vous avez le sentiment d’une submersion, de ne plus reconnaître votre pays, les modes de vie ou la culture, dès cet instant-là vous avez rejet ». Il rajoute que la France se « rapproch[ait] » de ce seuil. 
  • 23 Janvier 2025 : Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, cautionne publiquement le collectif identitaire Némésis, connu pour ses théories racistes et sexistes.
  • Juin 2024 : À Lyon, des milices d’extrême droite, exaltées par le succès du Rassemblement National aux élections européennes, défilent en proférant des slogans nazis et agressent des passants, illustrant une désinhibition inquiétante. Des appels à la « ratonnade » circulent en ligne.
  • Juin 2024 : Une manifestation raciste à Paris, organisée par le collectif « Gardiens de mémoire », instrumentalise la mémoire de victimes blanches pour propager un discours de haine et de division.
  • Avril 2024 : Une vague d’attaques vise les mosquées de Lorient et Saint-Malo, témoignant d’une islamophobie décomplexée.
  • Février 2023 : Six individus d’ultra-droite sont mis en examen pour l’agression à l’arme blanche d’un homme devant une association culturelle turque à Paris, révélant la dangerosité de ces groupuscules.
  • 2023 : Le Festival pour une Bretagne solidaire à Saint-Brieuc est attaqué par des militants masqués, faisant plusieurs blessés, signe d’une violence politique assumée.

Les chiffres révélant une dynamique inquiétante :

  • Un rapport du Centre de recherche sur l’extrémisme de l’Université d’Oslo souligne que la France est l’un des pays d’Europe occidentale où le terrorisme et la violence d’extrême droite augmentent.
  • Les services de sécurité constatent une hausse de 50% des attaques organisées contre des militants.
  • Nicolas Lebourg, historien spécialiste des violences d’extrême droite, dénombre environ 300 faits depuis 2017.
  • La violence raciste, ciblant les minorités ethniques et religieuses (dont plus d’un tiers contre des musulmans), reste la forme la plus fréquente de cette violence, selon Anders Ravik Jupskås.

Une situation alarmante :

  • Banalisation et normalisation du discours d’extrême droite : L’omniprésence dans les médias de figures d’extrême droite, a contribué à banaliser des thèses racistes et xénophobes, reprises par des groupuscules radicaux.
  • Une prime à la radicalisation : La position élevée de Marine Le Pen dans les sondages et la complaisance des médias créent un climat où la « théorie du Chaos » (l’idée qu’il faut accélérer une guerre raciale pour la gagner) gagne du terrain. L’idée d’une possible amnistie en cas de victoire du RN encourage les passages à l’acte.
  • La caution de l’État : L’institutionnalisation des discours envoie un signal désastreux et légitime les actions de ces groupuscules.
  • La recomposition de l’extrême droite, avec l’émergence de groupes identitaires autonomes, favorise également la radicalisation et le passage à l’acte violent.
  • Le contexte politique et social, marqué par la polarisation, l’islamophobie et la désinhibition de la parole raciste, alimente les tensions et les agressions.
  • L' »effet de cadrage » qui diffuse un message axé sur la menace migratoire et le repli national, crée une justification idéologique à la violence.

Nos revendications :

  • Une condamnation claire et ferme de toutes les formes de violence d’extrême droite.
  • La dissolution des groupuscules violents et le renforcement de la lutte contre la haine en ligne.
  • Un soutien concret aux victimes et le renforcement des dispositifs de protection.
  • Lutte contre la banalisation et l’institutionnalisation du discours d’extrême droite, en dénonçant les complicités.

Face à cette menace, nous appelons à une mobilisation citoyenne et à une réponse politique à la hauteur des enjeux. L’avenir de la démocratie est en jeu.

Conseil d’Administration – 03 mars 2025

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THIS JUNGO LIFE – Projection à Strasbourg en présence du réalisateur David FEDELE

Projection en présence du réalisateur.

« THIS JUNGO LIFE » nous plonge au cœur de la vie cachée de jeunes réfugiés et demandeurs d'asile du Soudan et du Soudan du Sud; qui vivent et dorment dans la rue au Maroc, forcés de fuir la violence et l’instabilité en Libye et dans l’incapacité de rentrer chez eux à cause de la guerre et conflits en cours. Réalisé en collaboration avec les réfugiés eux-mêmes et filmé entièrement au téléphone portable.

Ce film nous offre, grâce à un accès unique et intime, un aperçu brut et sans filtre de l'esprit humain et son impulsion innée de survie, alors qu'ils se battent pour une vie meilleure pour eux et pour les familles qu'ils ont laissées derrière eux.

Projection du film le vendredi 21 mars 2025 à 20h au cinéma Star (27 rue du Jeu des Enfants, 67000 Strasbourg). Le film sera projeté en VOST. David FEDELE, le réalisateur, sera présent pour cette projection et échangera avec le public à la fin de la séance.

Tarif : 5 € sur inscription : https://tinyurl.com/reservation-jungoPaiement en caisse le soir au cinéma

Bande annonce officielle (version française)

Cette projection est programmée dans la continuité de la Commémor’Action du 8 février dernier https://www.atmf.org/?p=8820

Les partenaires :

Cinéma Star : 27 rue du Jeu des Enfants 67000  Strasbourg

Association des Travailleurs Maghrébins de France – ATMF

atmf.org | atmf.strasbourg@gmail.com

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10 ans de non-accueil des personnes exilées à Paris et en France – Tribune collective publiée dans le Monde le 3 février 2025

Mr le Président, il est urgent de résoudre 10 ans d’une situation intenable : celle du non-accueil et de la violence institutionnelle envers les personnes exilées. En 2015, le nombre de personnes venues demander l’asile en Europe augmente. Cette situation, rendue visible à Paris par l’installation de centaines puis de milliers de personnes dans des campements de rue, est qualifiée de « crise migratoire ». Une appellation que nous rejetons, constatant quotidiennement sur le terrain que c’est le système d’accueil qui est en crise. Pour les familles, enfants, femmes et hommes qui survivent dans ces lieux de vie informels, les conditions de vie sont délétères pour leur santé physique et psychique et parfois fatales.

Bien que très visible à Paris, cette situation a des répercussions nationales : le cycle infernal de démantèlements de ces campements et d’opérations de « mises à l’abri », s’accompagne de la délocalisation en bus de ces personnes vers d’autres régions, la plupart du temps sans concertation avec elles. Elles subissent alors une perte de repères, de ressources et d’opportunités dans un contexte déjà précaire d’hypermobilité. Par ailleurs, Paris est souvent un lieu d’étape avant le littoral des Hauts-de-France où les atteintes aux droits fondamentaux sont innombrables et mortifères.

Un état de fait intolérable, auquel vous disiez précisément souhaiter mettre un terme lorsque vous déclariez, le 27 juillet 2017 : « La première bataille, c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus ».

Cette situation de non-accueil, c’est aussi 10 ans de victoire idéologique de l’extrême-droite, car elle est pensée structurellement pour éviter un supposé « appel d’air ». Cette théorie infondée, largement infirmée depuis des années par les chercheur·es qui travaillent sur ces questions, propose une lecture erronée des dynamiques de l’exil consistant à croire que l’on fuirait les persécutions et la pauvreté non pas en dernière mesure pour se sauver, mais plutôt pour venir profiter à Paris d’une place d’hébergement ou de minimas sociaux. Les équipes gouvernementales successives ont ainsi appliqué une politique de non-accueil systématique et fait de la vie des primo-arrivant·es un enfer. Le passage par la case sans-abrisme est devenue à leurs yeux obligatoire pour supposément dissuader de venir, ou de rester, toutes celles et ceux qui viennent demander une protection dans notre pays.

Ces 10 dernières années ont été marquées par la maltraitance des personnes exilées à Paris et en Île-de-France. Diverses modalités de gestion de l’enregistrement des personnes ont été expérimentées : des files d’attente interminables devant des dispositifs sous-dimensionnés, notamment durant l’épisode de la « Bulle humanitaire » à Porte de la Chapelle ; la dématérialisation du guichet de demande d’asile, devenu un numéro de téléphone payant en 2017, et qui participe à l’invisibilisation des personnes exilées des espaces publics sans pour autant faciliter leur accès aux dispositifs et à leurs droits. L’encampement des personnes exilées se traduit par l’existence de nombreux lieux de vie informels et notamment de campements regroupant parfois jusqu’à 4000 personnes à Paris et en petite couronne. Les nombreuses tentatives des autorités de mettre fin à ce phénomène par une politique de « zéro points de fixation » se sont matérialisées par des scènes de violences répétées lors et suite aux démantèlements de ces lieux de vie. A l’instar du nettoyage social organisé à l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP), la réponse politique a toujours été plus policière qu’humanitaire, dévoyant l’usage initial prévu du service public policier et faisant des expulsions et du harcèlement par les forces de l’ordre, l’une des conditions structurelles du quotidien des personnes exilées à Paris. COCORENS ( Collectif pour la Coopération Nord-Sud
Mais cette décennie a aussi été marquée par plusieurs épisodes de prises en charge d’ampleur ; pendant la pandémie de la Covid-19 en mars 2020, lors de l’arrivée des 3000 Afghan·es qui fuyaient la prise de Kaboul par les talibans en août 2021, ou à l’occasion de l’accueil inconditionnel des Ukrainien·nes dès le mois de mars 2022.

Ce choix structurel du non-accueil et donc du renforcement du sans-abrisme dans notre pays et de son traitement partiel et très court-termiste dans une urgence perpétuelle, légitimée par l’emploi du terme de « crise », semble être la méthode préfectorale envisagée pour encore de nombreuses années. En effet, depuis 2015, les préfectures d’Île-de-France ont organisé à minima 405 opérations de « mise à l’abri » de ces campements. Pourtant, dans une France qui se disait « prête à accueillir le monde » pour ces JOP et qui a vu lors de la cérémonie d’ouverture Filippo Grandi le Haut-Commissaire des Nations Unis pour les réfugiés recevoir les Lauriers olympiques, les campements et la rue restent le seul recours pour les futur·es arrivant·es.

Il y a urgence à mettre un terme à 10 ans de non-respect des droits humains et de nos engagements en droit international. Pour cela de nombreuses solutions existent : ouvrir des dispositifs de premier accueil inconditionnels à Paris et dans d’autres villes d’arrivée, calqués sur ceux prévus pour les Ukrainien·nes. Réquisitionner des bâtiments vides pour agrandir le parc de logement et d’hébergement au niveau national. Et enfin, mettre des moyens financiers et humains à la hauteur des besoins, afin de faciliter l’insertion dans la société des personnes exilées dès leur arrivée, en rendant effectif leur accès au marché du travail, à des cours de français, à un logement digne et à un réel accompagnement social et sanitaire.

5 février 2025

Liste des 124 signataires :

  1. 100 pour 1 (Morlaix, Vaucluse, pays roannais)
  2. ACAT (La Rochelle, Royan)
  3. Acceptess-T
  4. Action contre la Faim
  5. Act up Paris
  6. AJMMI
  7. ANTANAK
  8. ANVITA (Association nationale des villes et territoires accueillants)
  9. ARDHIS
  10. Assocation SOLIPAM
  11. Association
  12. Association Accueil Réfugiés Bruz (35)
  13. Association Addictions France
  14. Association ASILE
  15. Association d’Accueil des Demandeurs d’Asile de Mulhouse
  16. Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
  17. Association Ecarts
  18. Association française des juristes démocrates
  19. Association Le Chêne et l’Hibiscus »
  20. Association les Enfants du Canal
  21. Association Les midis du MIE
  22. association Min’de Rien (soutien aux jeunes étrangers isolés)
  23. Association pour les MIgrants (AMI)
  24. ASTI de Petit -Quevilly
  25. ASTI Les Ulis
  26. ATD Quart Monde
  27. ATPAC Maison Solidaie
  28. ATTAC Flandre
  29. Autremonde
  30. Babel
  31. CAJMA22 – Collectif d’Aide aux Jeunes Migrants et leurs Accompagnants des Côtes d’Armor
  32. Calais Food Collective
  33. CCFD Terre Solidaire 93
  34. CDDLE de Besançon (Collectif de Dédfense des Droits et Libertés des Étrangers)
  35. Cévennes Terre d’Accueil
  36. COCORENS (Collectif pour la Coopération Nord-Sud)
  37. Collectif Antiraciste Antifasciste de Rouen et agglo (CAAR)
  38. Collectif des étudiants étrangers P8
  39. Collectif des sans papiers de livry gargan
  40. Collectif enfants sans toit Ivry
  41. Collectif Fontenay-Diversité
  42. Collectif Ivryen de Vigilance Contre le Racisme
  43. collectif le PONT Martigues 13
  44. Collectif Migrants 17
  45. Collectif Migrants 83
  46. collectif pontois
  47. COMEDE- comité pour la santé des exilé.e.s
  48. Comité anti Expulsion Saintes
  49. Comité Contre l’Esclavage Moderne (CCEM)
  50. Comité Soutien Urgences
  51. Commission Prévention, Sécurité & Tranquillité publique des Écologistes
  52. Coucou Crew
  53. CSMG (asso : Collectif de Soutien aux Migrants du Goëlo)
  54. CSSP du Tregor
  55. DAL (Droit Au Logement)
  56. Dom’Asile
  57. Echo des restanques
  58. ECREVIS
  59. Emmaüs France
  60. Extinction Rebellion France
  61. Ezras Inclusion
  62. Famille France-Humanité
  63. Fédération Addiction
  64. FEDERATION DES TUNISIENS POUR UNE CITOYENNTE DES DEUX RIVES – FTCR
  65. FÉDÉRATION ETORKINEKIN DIAKITÉ
  66. FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE
  67. Femmes Égalité
  68. Fondation Frantz Fanon
  69. FSU
  70. GISTI
  71. Habitat-Cité
  72. Héro·ïnes 95
  73. Humanity Diaspo
  74. JRS France (service jésuite des réfugiés)
  75. Kolone
  76. La Casa Paris
  77. La Chorba
  78. La Cimade
  79. La Cité Fertile
  80. La Cloche
  81. La Gamelle de Jaurès
  82. La Relève Féministe
  83. L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie -L’ACORT
  84. L’Assiette Migrante
  85. Le CAD
  86. Le Planning familial
  87. Les Pétrolettes
  88. LIMBO
  89. LIRIDONA ( RESF 48 )
  90. Maison de l’Hospitalité Martigues
  91. Maison Sésame
  92. Maison Solitaire
  93. Médecins du monde
  94. Médecins sans frontières
  95. Morlaix-Libertés
  96. Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN)
  97. MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples)
  98. Pantin Solidaire
  99. Paréidolie
  100. Paris d’Exil
  101. Q.U.E.E.R. Auvergne
  102. Réfugiés Bienvenue
  103. Réseau Education Sans Frontières (06, 07 et 54)
  104. Réseau Féministe « Ruptures »
  105. réseau resf06
  106. ROSMERTA
  107. Secours catholique – Caritas France (Ile-de-France)
  108. Sillat France
  109. SOLIDARITE JEAN MERLIN
  110. STRASS, syndicat du travail sexuel
  111. Symphonie Equitable
  112. Tendre La Main
  113. THE WILSON BARBERS
  114. THOT
  115. Time To Help France
  116. TIMMY – Soutien aux Jeunes Exilés
  117. Tous Migrants
  118. Ubuntu pour La Margelle
  119. UNEF, le syndicat étudiant
  120. Union syndicale Solidaires
  121. UniR Universités & Réfugié.e.s
  122. Utopia 56
  123. Watizat
  124. Yoga and Sport With Refugees

https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/03/migrants-dix-ans-de-non-accueil-des-personnes-exilees-en-france_6529292_3232.html

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Migrer pour vivre, pas pour mourir – Commémor’Action en hommage aux victimes politiques migratoires

Le 6 février est la journée mondiale de lutte contre la répression meurtrière aux frontières de l’Europe et des pays auxquels l’Europe sous-traite le contrôle des flux migratoires. Exigeons la vérité, la justice et la réparation pour les victimes de la migration et leurs familles.

Il y a 11 ans, le 6 février 2014, au moins 15 personnes ont perdu la vie et des dizaines d’autres ont disparu au large de Tarajal, réprimées par les autorités alors qu’elles essayaient de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta à la nage. Ce massacre est devenu un symbole des politiques de lutte impitoyable contre l’immigration dans les zones frontalières. Le principal instrument de cette répression est l’agence européenne Frontex dont nous demandons l’abolition.

 

Le nombre de morts et de disparus en route vers l’Europe n’a cessé d’augmenter que ce soit en Méditerranée, sur la route des Canaries, aux frontières internes de l’UE, dans la Manche, aux frontières orientales, le long de la route des Balkans, dans le désert du Sahara. On estime à plus de 67000 les personnes mortes et disparues sur les routes migratoires entre 2014 et septembre 2024. La mer Méditerranée est la frontière la plus meurtrière avec pour la même période plus de 30 000 morts.

Nous nous rassemblons solennellement le 08 février 2025 à 15h à Strasbourg, Quai des Bateliers

– Place Corbeau, en hommage aux personnes mortes ou disparues, afin de se souvenir, dénoncer la violence des politiques de lutte contre l’immigration et résister à la déshumanisation des personnes qui prennent la route de l’exil et tentent de fuir des persécutions ou recherchent des conditions de vie meilleures, au péril de leur vie.

 

Commémor’Action organisée par :

Association des Travailleurs Maghrébin de France-ATMF, Collectif pour une Autre Politique Migratoire (CASAS, la Cimade67, le CCFD Terre Solidaire, Europe Cameroun Solidarité-Femmes du 3èMillénaire-Wietchip, LDH Strasbourg, La Vie Nouvelle 67, le MRAP67, Oxfam67, la Pastorale des Migrants 67, le SAF Strasbourg), D’Ailleurs Nous Sommes d’Ici 67, NPA 67, Solidaires Alsace, La France Insoumise 67, Attac Strasbourg, Association Alsace-Syrie, Fédération Syndicale Étudiante – Strasbourg, PCOF 67, Missing At The Borders, Comité Palestine Unistras, La Fédération du Bas-Rhin du Parti Communiste Français, Les Ecologistes Strasbourg EMS

 

Appel en PDF :

Commemor’Action Strasbourg VH A4

des victimes des politiques VM A4

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Non à la criminalisation des migrants et à la sous-traitance inhumaine des politiques migratoires !

La condamnation du 14 novembre 2024  de 14 migrants à dix ans de prison ferme par la Cour d’appel de Nador, sonne comme un deal honteux.

L’association des Travailleurs Maghrébins de France condamne fermement ces lourdes peines infligées à des migrants au Maroc. Ces condamnations, motivées par une logique de dissuasion et de criminalisation de l’immigration, témoignent d’une politique répressive dictée par des intérêts sombres.

Une répression instrumentalisée

Ces jugements inacceptables ne sont pas un simple fait isolé. Ils s’inscrivent dans une stratégie bien plus large. Sous la pression de l’Union européenne, le Maroc accepte le rôle  de sous-traitant des politiques migratoires européennes, en échange d’avantages économiques et politiques, et devient ainsi un rempart aux frontières de l’Europe, au prix d’une violation systématique des droits fondamentaux des migrants.

Ces pratiques rappellent tristement des accords similaires passés entre l’Union européenne et des pays comme l’Italie ou la Libye, où la gestion externalisée des migrations a mené à des abus : arrestations arbitraires, détentions inhumaines et violations graves des droits de personnes.

Un contexte aggravé par des intérêts diplomatiques

La récente visite de la délégation présidentielle française au Maroc met en lumière une dimension encore plus cynique de ces politiques. Derrière les annonces officielles de partenariats économiques et diplomatiques se cachent des accords migratoires implicites, où le durcissement des politiques migratoires marocaines semble devenir une monnaie d’échange. Ces manœuvres traduisent une volonté de renforcer le « Pacte européen sur la migration », qui repose sur une approche sécuritaire et déshumanisante, en contradiction totale avec les valeurs d’humanité et de justice.

Un appel au respect des droits fondamentaux

Nous refusons que les migrants soient traités comme des criminels pour avoir tenté de fuir des conditions de vie insoutenables. Les migrations sont le fruit de crises multiples  économiques, climatiques, politiques, dont les pays du Nord portent une large responsabilité.

Face à cette situation :

  • Les autorités marocaines doivent arrêter cette répression injuste mettre fin à ces accords de sous-traitance scandaleuse de l’immigration.
  • L’Union européenne et ses États membres, en particulier la France, doit cesser l’externalisation de la gestion des flux migratoires au détriment des droits humains.

Nous devons refuser ces logiques de répression et œuvrer ensemble pour des alternatives qui placent les droits humains et la dignité au centre.

Nous ne pouvons accepter la déshumanisation de celles et ceux qui sont les doubles victimes de politiques locales et européennes responsables d’une paupérisation programmée, dictée par les intérêts des plus riches ici et là-bas.

 

La seule alternative : Des politiques de justice sociale, ici et là-bas, des rapports Nord-Sud d’égal à égal mettant fin à la spoliation des richesses, à l’interventionnisme post colonialiste et l’établissement des Etats de droits dans les pays du Sud.

 

Conseil d’Administration du 23.11.2024