Violences contre les migrants en transit vers l’Europe : Appel à un rassemblement devant l’ambassade du Maroc à Paris

mardi 18 mai 2004

2 morts, 8 blessés, 116 arrêtés, ça se passe aujourd’hui au Maroc. Dans la nuit du 25 au 26 avril 2004, la politique répressive contre les migrants subsahariens sur le sol Marocain a atteint le seuil de l’intolérable. Dans les camps de Gourougou et de Bel Younech, les migrants africains de passage au Maroc en direction de l’Europe ont été victimes de nombreuses opérations de police ( pillage, violence), afin, d’empêcher les transits.

Cette tragédie humaine pose notamment la question de la responsabilité de l’Union européenne qui, par le biais de sa coopération Nord-Sud, tente d’imposer à ses partenaires du Sud un rôle de gardien de son territoire contre les migrants, érigeant ainsi à sa périphérie extérieure un mur protecteur. Elle pose également la responsabilité de l’Etat marocain qui s’est prêté à être le gardien de ce nouveau rideau de fer et le sous-traitant de la répression des migrants subsahariens. Le Maroc a bénéficié d’une aide européenne de 40 millions d’euros sur trois ans pour cette mission, dans le cadre de Programme National Indicatif MEDA 2000 - 2004

Les associations soussignées suivent avec une grande inquiétude les conséquences de cette politique européenne de délocalisation de sa propre violence, et notamment la situation des Africains subsahariens en transit par l’Algérie et le Maroc qui, fuyant la pauvreté et les guerres, exercent leur droits à la libre circulation et à la vie.

Elles entendent rappeler au Maroc qu’il est signataire de la Convention des Nations unies pour la protection des migrants et les membres de leurs familles, et la convention de l’ex OUA de 1969 sur la protection des migrants ce qui implique de sa part qu’il en respecte les termes. Elles réitèrent les demandes à la France et aux pays de l’Union européenne d’adhérer à cette convention ignorée par eux.

Les organisations signataires condamnent fermement :

-  Les autorités marocaines qui pratiquent la maltraitance, la violence l’emprisonnement, les expulsions comme un mécanisme de dissuasion.

-  Les autorités européennes qui, pour étancher leurs frontières, conditionnent leur aide aux Etats du Sud à des contraintes de répression de l’immigration.

Les organisations signataires appellent les Etats du Sud et du Nord à respecter la dignité et la sécurité des migrants. Elles demandent à l’Union européenne de revoir sa politique qui conditionne de plus en plus souvent son aide aux pays du Sud à l’acceptation d’une fonction de gendarmes contre les migrants, en particulier par le biais d’accords de réadmission.

Tandis qu’elles adresseront une interpellation à la Commission européenne, elles appellent à un

rassemblement le mardi 18 mai à 18h devant l’ambassade du Maroc à Paris

5, rue Le Tass, 75016 Paris.

Premiers signataires  : CIMADE, GISTI, ATMF, ASDHOM, MRAP, IDD, LDH, Migration Santé, Coordination National des Sans Papiers, CEDETIM, UJM.

Contact :EL BAZ Ali à l’ATMF au : 01 42 52 60 61


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