Quand Youssef Haji s’invite à une journée d’Etude où les militants des associations comme l’ATMF ne sont pas invités (1)

jeudi 18 décembre 2003

Ici je suis venu en clandestin car des associations de Travailleurs Immigrés connues par leur intégrité et leur défense des droits ne sont pas invitées dans ces lieux, notre présence gâche le décor, mais que faire nous sommes là, et nous vous remercions de nous Tolérer.

Mon association m’a dépêché au Maroc afin de recenser les associations d’anciens combattants pour une campagne de mobilisation pour que la République se conforme au jugement du Conseil d’Etat (l’arrêt DIOP du 30 novembre 2001) qui a jugé illégale la discrimination de traitement entre anciens combattants basée sur la nationalité. Malheureusement, les associations d’anciens combattants au Maroc sont des associations para gouvernemental, ne pouvant agir que sur ordre de l’état majore marocain. Voilà ! Madame le ministre que les responsables de votre armée respectée, daignent donner ordre aux présidents d’associations d’anciens combattants afin que des militants d’origine marocaine et leurs structures associatives rencontrent d’autres marocains dans le besoin et trahis par une puissance coloniale, pour instruire des dossiers de défense de droits pouvant aboutir à rendre justice morale et financière à ceux-là même qui ont versé leurs sang, entre autre, afin de débarrasser l’Europe de la bête immonde du nazisme et du fascisme. Au Maroc, et malgré les moyens de communication les plus modernes, nous sommes amenés à faire le tour des douars et souks pour faire passer l’information. Nous espérons Madame Le ministre que vous allez transmettre notre requête, cela m’évitera une perte de temps et d’énergie dont nous avons besoin pour nous atteler à la défense des droits des anciens combattants auprès des cours de justice en France.

En parallèle à cette campagne, nous avons été happées par l’actualité nationale du fameux charter. Et là en tant qu’immigré on ne peut qu’être scandalisé par cette affaire.

- Le Maroc continue à être un pays schizophrène : il signe une convention internationale très en avance sur les droits de migrants, ne l’applique pas sur son territoire, promulgue une loi nationale des plus répressive assimilant migrant à terroriste, en totale contradiction avec la convention internationale et cerise sur le gâteau, il demande aux autres pays de signer cette loi avec un discours moralisant sur les droits humains en direction de ces Etats de non droit qui sont les pays de l’UE. Ya sallame ! bientôt en tant que migrant nous allons demander l’asile au Maroc pays ou le migrant est roi mais sur les papiers… (Rire étouffé dans la salles)

- Madame le ministre, mesdames et messieurs, chers amis, dans cette belle salle de conférences, nous nageons dans le virtuel, je reviens de la foret de Mesnassa pas loin de Tanger, une zone de non droit, un retour à la barbarie et à la loi de la jungle dans le sens réel du terme. La demande des migrants africains c’est une bâche de plastique pour se protéger du froid. En m’approchant des cabanes de branchage, un gendarme m’interpelle et me demande de partir ou « NDEG DINE EMMOK . Les associations caritatives et MSF doivent cirer les babouches du Wali et de ses sbires pour pouvoir porter aide et soins aux immigrés africains. Voici la réalité.

- Madame le ministre, et avec tout le respect que je vous porte en tant que femme ministre dans un pays comme le Maroc, permettez-moi de vous dire que vous représentez un état qui ne respecte ni sa parole, ni ses engagements. Vous représentez un pays qui a expulsé des migrants par force et par charter entier sans jugement et en clandestinité, plus de 400 personnes, raflées, embarquées de force, nulle trace de leurs expulsions, ni au parquet d’Oujda, ni à l’aéroport, le trou noir de l’injustice et de l’arbitraire. En France Pasqua et consorts assument leurs actes, ici le gouvernement auquel vous appartenez, travaille dans le noir, aucun responsable n’a le culot de dire publiquement à l’opinion publique marocaine : Oui nous expulsons, oui nous raflons.

- Et nous avec des petites associations marocaines d’Oujda, de l’Arrache et de Khouribga, nous vous disons, que votre gouvernement est responsable de non-assistance à population en danger. Nous serons plus crédibles le jour ou nos respecterons nos engagements. Que faites-vous de l’article de la charte de l’OUA que le Maroc à signé concernant l’octroie du droit d’asile aux populations africaines ayant quitté leur pays en raison de guerre ? Ce droit, votre gouvernement l’a donné au dictateur MOBOUTO et sa suite et non au congolais de Belyouneche et Mesnassa. Les associations caritatives qui ont des demandes d’asile politique cherchent encore le service du ministère de l’intérieur qui s’occupe de cela !! Ces migrants africains de passage ne sont que 10 à 15 milles personnes. Que représente cela pour un pays qui a plus de 1 million ½ de ses ressortissants à l’étranger ??

L’animateur de séance : Monsieur vous avez dépassé votre temps !!

-1- Journée d’étude organisée par le ministère des affaires étrangères et de la coopération marocain et la chaire de l’UNESCO sur le thème « convention internationale sur la protection des Droits de tous les Travailleurs Migrants et des membres de leurs familles »


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