N°9 /Juin - Août 2003

juin 2004

A LA MÉMOIRE DE BRAHIM BOUARRAM, JEUNE MAROCAIN JETÉ ET NOYÉ DANS LA SEINE À PARIS, LE 1ER MAI 1995 PAR UNE BANDE DE SKINS QUI VENAIENT DE SE DÉTACHER D’UNE MANIFESTATION DU

Les tueurs sont à l’affût In Le spleen de Casablanca de Abdellatif LAABI Editions de la différence 1996

MÈRE MA SUPERBE MON IMPRUDENTE TOI QUI T’APPRÊTES À MEMETTRE AU MONDE DE GRÂCE NE MEDONNE PAS DE NOM CAR LES TUEURS SONT À L’AFFÛT

MÈRE FAIS QUE MA PEAU SOIT D’UNE COULEUR NEUTRE LES TUEURS SONT À L’AFFÛT

MÈRE NE PARLE PAS DEVANT MOI JE RISQUE D’APPRENDRE TA LANGUE ET LES TUEURS SONT À L’AFFÛT

MÈRE CACHE-TOI QUAND TU PRIES LAISSE-MOI À L’ÉCART DE TA FOI LES TUEURS SONT À L’AFFÛT

MÈRE LIBRE À TOI D’ÊTRE PAUVRE MAIS NE ME JETTE PAS DANS LA RUE LES TUEURS SONT À L’AFFÛT

AH MÈRE SI TUPOUVAIS T’ABSTENIR ATTENDRE DES JOURS MEILLEURS POUR ME METTRE AU MONDE QUI SAIT MON PREMIER CRI FERAIT MA JOIE ET LA TIENNE JE BONDIRAIS ALORS DANS LA LUMIÈRE COMME UNE OFFRANDE DE LA VIE À LA VIE.


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