Association des Travailleurs Maghrébins de France
10 rue Affre - 75018 Paris
01 42 55 91 82 national@atmf.org

By

La réponse de l’ATMF à Rodolphe GRANIER, élu municipal du « Groupe Changer Paris »

« On domine plus facilement les peuples, en excitant leurs passions qu’en s’occupant de leurs intérêts. »

Gustave Le Bon – 1913

« La loi « Séparatisme », est une Menace pour Tous.

Elle participe d’un « renforcement global du contrôle de l’ordre social ».

Elle renoue avec les pratiques d’allégeance.

Elle s’éloigne de la République ».

Notre association l’a affirmé dans son communiqué du 02 avril 2021

Rodolphe GRANIER, élu municipal du « Groupe Changer Paris », l’a illustré par son intervention, lors de la séance du conseil de Paris, du 15 avril 2021.

Il a demandé la suppression de la subvention accordée à notre association.  Le motif évoqué est que l’ATMF est une « association politique ». Et pour preuve, il cite les communiqués qu’elle a publiés :

  • contre le royaume du Maroc et la répression de l’état à l’encontre du Hirak du Rif
  • contre l’annexion des territoires palestiniens
  • sur le 17 Octobre 1961
  • sur les violences policières
  • sur la « loi séparatisme »

Ainsi, la loi « conforter les principes de la République », ouvre la voie à des surenchères hautement dangereuses pour le droit démocratique de tous les citoyens de France, et particulièrement de ceux issus de l’immigration et leurs enfants français.

Alors, pour quel modèle de république œuvre-t- on pour l’ensemble des citoyens, quand on défend une monarchie totalitaire et la répression de ceux qui se battent pour « la liberté et l’égalité» ?

Qu’en est-il de la liberté d’opinion ?  Les associations défendant les droits des immigrés et de leurs enfants, seraient exclues de ce droit ? De quel « universalisme » républicain, peut-on se revendiquer, dans ce cas ?

La politique constitue-t-elle un délit de « séparatisme » pour certains citoyens, quand elle est une preuve d’implication dans la vie de la cité pour d’autres ?

Pour notre association, il s’agit d’une volonté d’instaurer une police de la pensée, en agitant le chantage aux subventions. Exclure du champ politique, une association agissant sur les questions relatives à l’immigration, relève d’une logique d’exclusion de l’égalité des droits et de domination.

Les déclarations répétées de Rodolphe GRANIER ne sont pas un fait isolé. Elles participent, dans un contexte de crise économique et sociale sans précédent, puis de préparation des élections présidentielles,  au déploiement d’un climat idéologique caractérisé par une Lepénisation des esprits. Reprendre des concepts d’extrême-droite ou issus du passé colonial, devient un moyen de capter des voies à l’extrême droite. Un exercice auquel se livre une frange de la droite, mais pas uniquement.

Pendant que l’on stigmatise une partie des citoyens en les désignant comme un danger pour la république, des prérogatives plus larges pour réprimer les protestations populaires sont octroyées. Pour les uns, c’est la loi « séparatisme », pour tous, c’est la loi sur « la sûreté globale ».

L’ATMF restera résolument attachée, à la défense des droits, des libertés  de tous  ceux qui en sont privés, et là où ils sont bafoués, « sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

L’ATMF continuera « à s’occuper des intérêts » de tous sur une base d’égalité et de justice sociale.

 

Atmf, 19 avril 2021

 

 

By

La loi « séparatisme » se trompe de cible

 

Le séparatisme n’est pas le fait de ceux qu’on stigmatise

Le séparatisme est le fait d’un état qui a abandonné, a ghettoïsé, a discriminé, des populations défavorisées, bafouant l’Egalité Des Droits, Principe de la République.

La loi « confortant le respect des principes de la République »,  devrait « conforter » l’égal accès de tous, aux droits fondamentaux, aux droits économiques et sociaux, sans quoi la République ne peut faire corps.

Oui, la République est menacée.

La République est menacée par le tournant autoritariste actuel

La République est menacée par les attaques en règle contre la liberté d’expression, la liberté de culte et la liberté d’association. « Les mesures du projet de loi concernent pratiquement tous les droits et libertés publiques », a estimé le Conseil d’Etat

Contraindre les associations à la signature d’un « contrat d’engagement républicain » :

  • Participe d’un « renforcement global du contrôle de l’ordre social », a déclaré le Défenseur des droits
  • Renoue avec les pratiques d’allégeance
  • S’éloigne de la République

La loi « Séparatisme », est une Menace pour Tous.

Elle découle d’une même logique, celle qui  a animé la Loi sur la sureté globale, la loi de programmation de la recherche, les décrets sur le fichage, les dissolutions d’associations, le déni des violences policières, les accusations d’islamo gauchisme, la relance du débat sur « l’identité nationale »

Elle découle d’une stratégie de compétition avec l’extrême droite et de la volonté de récupérer une partie de l’électorat de la droite traditionnelle

Elle découle d’un durcissement des politiques répressives à l’égard de tous ceux qui dénoncent, qui revendiquent, qui luttent, qui résistent.

La République ne fera sens, qu’avec tous ses citoyens, sur une même base d’égalité

La République ne fera sens, qu’avec la justice sociale

La République ne fera sens, qu’avec la fin des discriminations et du racisme

La République ne fera sens, qu’avec l’abrogation de toutes les lois liberticides

C’est le sens que nous donnons au Contrat Républicain

Atmf, 2 avril 2021


Les associations membres :
l’ATMF national regroupe vingt associations membres. Ces membres se répartissent sur l’ensemble du territoire français (Paris, Saint Denis, Gennevilliers, Argenteuil, Aix-en-Provence, Dijon, Strasbourg, Reims, Rennes, Nancy, Sens, Nord-Pas-de-Calais, Nantes, Montpellier, Saint-Avold, Bagneux, Villeurbanne…) et défendent ses valeurs à travers leurs actions.


By

Le terrorisme ne nous fera pas plier !

Devant l’innommable l’ATMF salue la mémoire des trois victimes assassinées ce jeudi 29 octobre 2020 à proximité et dans la Basilique Notre-Dame à Nice.

L’ATMF exprime sa solidarité et sa compassion aux familles et aux proches des victimes. L’ATMF dénonce fermement cet acte dont la barbarie fait frémir. Encore une fois la France se trouve attaquée et endeuillée par un drame inqualifiable et inacceptable.

Les obscurantistes et leurs commanditaires qui incitent et encouragent à de tels actes doivent être dénoncées et combattues sans relâche et avec la plus grande vigueur. L’ATMF lance un appel à l’Unité et à la Solidarité contre ce fléau.

 

ATMF, 29 octobre 2020

 

By

Halte à la terreur. Nous ne céderons pas !

L’ATMF condamne sans réserve le crime barbare qui a coûté la vie à l’enseignant Samuel Paty. Ce vendredi 16 octobre 2020, la France a été endeuillée.

Encore une fois elle a été la cible d’un acte terroriste barbare et abject dont la violence aveugle suscite le dégoût et l’horreur. Devant cette tragédie, nos pensées attristées vont d’abord à sa famille, ses proches, aux enseignant-e-s, aux élèves et au personnel du Collège Bois d’Aulne.

A eux, nous exprimons toute notre compassion et notre soutien.

Plus que jamais l’ATMF tient à affirmer avec fermeté sa totale indignation, et dénonce cet acte ignoble d’un autre âge.

Ce qui s’est passé ce 16 octobre 2020 est une atteinte à l’humanité tout entière et c’est en tant que telle que cette tragédie doit être vécue et analysée. Rien ne peut justifier cet assassinat, ici ou ailleurs.

Samuel Paty vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à l’égard de sa famille est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.

ATMF,

17 octobre 2020

 

By

17 octobre 1961 – 17 octobre 2020 : 59ème Anniversaire – Vérité et Justice

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.

59 ans après, la Vérité est partiellement en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le Président de la République (François Hollande) avait certes fait un premier pas important, en déclarant : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie. Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l’OAS.

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

  • Que la lumière soit faite sur les soi-disant « retours vers leurs douars d’origine » des algériens survivants du 17 octobre envoyés en fait dans des camps de la mort de l’Algérie coloniale.
  • Que la création d’un lieu de mémoire voué à cet évènement, demandée dans la résolution votée par le Sénat en octobre 2012 qui reconnaissait elle aussi ce massacre, soit rapidement mise en œuvre par les autorités de l’Etat, de la Ville de Paris et la Région Ile-de-France.
  • Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs collègues algériens
  • La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains au sein de la droite et extrême droite politique veulent réhabiliter.

Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie et les discriminations dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps :

  • Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’Etat. Comme il l’a fait en septembre 2018 pour l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française et pour l’existence d’un système de torture généralisé. Cette reconnaissance doit s’étendre aux milliers d’Algériens qui en ont été victimes (voir le site www.1000autres.org)
  • Que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps ;
  • Que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens ;
  • Que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

Rassemblement : Samedi 17 Octobre 2020 à 18h au Pont Saint Michel à PARIS

Associations, Organisations Syndicales : 4 ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre), 17 octobre contre l’oubli, ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie), ACORT (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie), ANPROMEVO (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS), Association Josette et Maurice AUDIN, Au Nom de la Mémoire, APCV (Agence de Promotion des Cultures et du Voyage)  APEL-ÉGALITÉ, ATTAC, ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), ASABP (Association de Soutien aux Amoureux au ban Public), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France),  CEDETIM (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale), Collectif Faty KOUMBA, CRLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie), Confédération Nationale du Logement, Institut Mehdi Ben Barka, Conseil National des Assos Familiales Laïques, LDH (Ligue des Droits de l’Homme), Fédération Nationale de la Libre Pensée, FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), Les ORANGES, Les Amis de Max Marchand de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, Mémorial 98, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Mouvement de la Paix, Union Syndicale Solidaires,

Partis Politiques : GDS (Gauche démocratique et sociale), PCF (Parti Communiste Français), Parti de Gauche,

By

DANIÈLE OBONO : communiqué de l’ATMF

DANIÈLE OBONO « esclave enchaînée »

Un scandale d’État

Une République en dérive

 

L’indignation suscitée par la représentation faite par Valeurs actuelles de la députée noire Danièle OBONO, grimée en esclave (chaînes autour du cou) est légitime et nécessaire mais restera sans portée si on ne se demande pas où sont les responsabilités : là où l’apologie du racisme prend racine et là où elle trouve les relais pour s’ériger en stratégie politicienne clivante et destructrice de notre société.

 

Si, à l’origine de ce poison réside l’extrême droite et ses thèses dangereuses, la reprise de certaines de ces dernières par d’autres forces politiques, a préparé le terrain non pas à une Danièle OBONO « esclave », mais à des milliers comme elle, toutes celles et ceux qui partagent sa couleur de peau, son origine d’immigrée, qui sont jetés en pâture au moindre débat politique racialisé. Ces enfants de la République, toujours étrangers dans l’imaginaire collectif, sont particulièrement stigmatisés à la veille de chaque échéance électorale, où la course aux voix de la droite dure et de l’extrême droite les expose à une violence inouïe.

Faire la couverture de « Valeurs actuelles », accorder des interviews à cette revue comme l’ont fait le Président de la République et plusieurs de ses ministres, ne peut être considéré comme une expression parmi d’autres. C’est un signal fort conduisant cet organe à se sentir légitime, poussant plus loin la libération de sa parole haineuse. Thierry VEYRIER, responsable du Rassemblement National vient également de le faire en menaçant de mort  Anasse KAZIB (militant syndicaliste) sur Twitter.

 

Déclarer en tant que ministre de l’Intérieur, qu’il « faut stopper l’ensauvagement d’une partie de la société », revient à reprendre à son compte une thématique chère à l’extrême droite désignant les Noirs, les Arabes et les musulmans de France comme les sauvageons.  Le raccourci est vite établi entre sauvageon et sauvage, puis sauvage et couleur de peau. D’ailleurs, le magazine Valeurs actuelles, s’en est pris à la députée Danièle OBONO, dans un numéro titré « l’ensauvagement », un numéro consacré entièrement aux « méfaits de ces barbares ».

Marlène SCHIAPPA, ministre déléguée à la Citoyenneté, en reprenant à son compte les propos de Gérald DARMANIN,  « Je partage le constat et le vocabulaire… », met à mal  la citoyenneté.

 

Véhiculer les clichés à l’encontre d’une partie des citoyens français en raison de leurs origines,  avoir recours à la virulence verbale au nom d’une France profonde qui ne supporterait plus des « sauvages » qui prôneraient « séparatisme », « communautarisme », « racialisme », visent à nous détourner du véritable combat, celui pour la justice sociale pour tous, sans discrimination aucune et quelque soit sa couleur de peau. Il ne faut pas s’y tromper.

 

Il n’y a nulle voie en dehors de l’union de toutes de celles et ceux qui aspirent à une vie digne et juste.

C’est l’unique voie qui triomphera de la haine au profit de notre humanité.

C’est l’unique voie où nulle femme, nul homme ne sera esclave.

Nous nous devons d’être solidaires de toutes et tous les Danièle OBONO.

 

ATMF est signataire de l’appel du rassemblement

de samedi 05.09.2020

de 17 h à 20 h

à la Place du Trocadéro  Paris.

Atmf – Paris, le 1er septembre 2020

By

Urgence : rapatriement des Marocains bloqués en France

Lettre ouverte à l’Ambassade du Maroc en France,

En tant qu’association engagée dans la défense des droits et intérêts des Maghrébins de France ainsi que ceux des binationaux, nous nous adressons à vous, pour que des solutions urgentes soient trouvées  aux différentes situations problématiques, plongeant dans un désarroi total, des milliers de citoyens Marocains se retrouvant bloqués en France depuis le début du confinement.

Il ne nous parait pas sain de continuer à ignorer cette détresse, malgré les nombreuses manifestations des concernés, demandant l’organisation immédiate de leur rapatriement au pays. Le Maroc ne peut abandonner ainsi ses ressortissants, alors que partout dans le monde, les pays ont œuvré pour mettre en place des moyens exceptionnels assurant le retour des leurs citoyens.

Il nous parait donc que l’urgence, aujourd’hui, dévolue aux autorités marocaines est de mettre en place, sans tarder, des vols pour que soient pris en charge le rapatriement :

·  des marocains qui se sont retrouvés coincés suite à leur déplacement ponctuel en France,

·  des étudiants et des résidents en France qui souhaitent rejoindre leurs familles au Maroc,

·  des corps des défunts dont les familles désirent l’enterrement au pays.

Monsieur l’Ambassadeur, les circonstances d’exception liées au contexte de la pandémie, ne peuvent constituer une excuse à l’inaction des autorités ou à leur indifférence. Bien au contraire, ces circonstances exigent des réponses exceptionnelles en mobilisant des moyens aussi exceptionnels. Des solutions sont possibles. La seule barrière à leur mise en œuvre ne peut-être, que l’absence d’une volonté politique. Nous ne pouvons l’accepter.

Nous  portons notre voix, pour exiger la seule solution urgente  répondant à l’urgence de la situation : affréter, des avions pour assurer le rapatriement.

Paris, le 22 avril 2020

Le Bureau National de l’ATMF

 

By

Solidarité, Justice et dignité pour les Chibani-a-s

Les Chibani-a-s, les cheveux blancs, ancien-ne-s parmi les ancien-ne-s,

Source d’une sagesse née d’expériences,

A la source de ce que nous sommes, de ce qui s’est construit dans notre pays, le leur aussi,

A ce titre nous leur devons protection et égards.

L’Etat, plus encore,

Il faut agir en Urgence

 

Le scandale des EPADH, où nos anciens ont trouvé la mort par milliers, nous affecte. Nous refusons que cette tragédie soit alourdie par ces « oubliés », ces « invisibles », ceux qui ont abîmé leur santé en travaillant dur dans la sidérurgie, les mines ou le secteur automobile…, celles qui ont nettoyé jusqu’à l’usure ce que nous avons sali…Leur isolement, leur précarité de logement, de revenus, d’accès aux droits sociaux, les exposent dangereusement.

 

Depuis le début de la pandémie du covid19, de nombreuses associations, militants, travailleurs sociaux et proches des vieux migrants, les chibani-a-s, se sont mobilisés pour leur apporter de l’aide et alerter sur leurs situations et conditions. Le réseau ATMF contribue à cet effort collectif de solidarité, à travers des actions concrètes : présence sur les lieux, campagnes d’informations sur les mesures de protection et d’hygiène, distribution d’aides alimentaires, confections et distributions de masques … Les moyens ainsi mis en œuvre restent faibles et ne peuvent répondre aux besoins et à l’urgence de la situation.

 

En cette période de crise sanitaire, nous ne pouvons nous substituer au rôle et à l’obligation, que les pouvoirs publics se doivent d’assumer envers tous les citoyens de France. Aussi, nous demandons la mise en place urgente des mesures suivantes :

– Une généralisation de la distribution gratuite des masques et de gel à tous dans tous les foyers et résidences sociales.

– Un suivi médical et un dépistage pour tous ceux qui le demandent.

– Une application des mesures de distanciation physique dans les parties communes de vie dans les foyers. 

– Une amplification des campagnes d information et de prévention. 

– Une information des familles et des proches, (en France et aux pays d’origine) sur l’état des personnes hospitalisées ou décédées. 

– Des distributions d’aides alimentaires et produits de première nécessité.

 

Nous demandons également, pour les nombreux vieux migrants bloqués dans les pays d’origine, qui rencontrent de très nombreuses difficultés, que soient prises des mesures urgentes :

– Le rapatriement en France, de ceux et celles qui le souhaitent.

– L’accès aux médicaments et traitements dont ils ont besoin sur place.

– La suspension de tous contrôle par la CARSA, la CAF, la MSA, la CPAM, la caisse des dépôts et tous les autres organismes.

– La suspension des loyers des personnes bloquées à l étranger.

– La prise en charge des inhumations pour ceux dont le rapatriement du corps est impossible.

 

Atmf, 30 avril 2020

 

By

Vidéo – A la mémoire de Brahim Bouarram et de toutes les victimes de crimes racistes

A la mémoire de Brahim Bouarram et de toutes les victimes de crimes racistes

1er mai 1995 – 1er mai 2020

25 ans après…

Vidéo : Youtube

Vidéo : FB de l’Atmf

https://www.facebook.com/ATMFnational/posts/3478119318871390

 

 Le communiqué : http://www.atmf.org/?p=7586

By

Nulle part de place pour le racisme, pour la violence policière non plus !

TROP C’EST TROP !

Les insultes racistes, le tabassage de la personne interpellée, lundi 27 avril, à l’Ile Saint Denis, n’est pas un fait isolé. C’est la réalité vécue par les citoyens de seconde zone, habitants et jeunesse des quartiers populaires, ceux dont un grand nombre continue, sans moyens de protection adéquats, à assurer nos besoins de première nécessité, mettant quotidiennement, leurs vies en jeu.

A la VIOLENCE de leurs conditions de vie,  se rajoutent la VIOLENCE des discriminations, la VIOLENCE des contrôles au faciès, la VIOLENCE des humiliations, des insultes, des injures racistes, la VIOLENCE des coups qui pleuvent à plusieurs, la VIOLENCE de la garde à vue et le début d’un dossier judiciaire. Tel, est le témoignage récurrent de ceux qui  dénoncent ces faits, sans qu’aucune crédibilité ne soit donnée à leur parole face à des détendeurs de l’autorité.

Au nom de faire respecter les mesures de confinement, de multiples exactions physiques et propos racistes, sont rapportés : Le 18 mars, à Asnières-sur-Seine, à Villeneuve-Saint-Georges puis à Ivry-sur-Seine, des policiers assènent des coups de poing à des jeunes ; à Grigny, des policiers en moto renversent un habitant , puis à Strasbourg , Sofiane, 19 ans, est tabassé, doigts dans les yeux, coups de poing, coups de rangers dans la tête ;  le 19 mars, à Aubervilliers, on a tiré au taser sur Ramatoulaye jeune maman de 19 ans ; le 23 mars , aux Ulis, en Essonne, Yassin, 30 ans reçoit des claques, de coups de crosse et de flashball dans la tête ; le 24 mars, au même endroit, Sofiane 21 ans,  est frappé violemment avec des coups de matraque télescopique, des coups de pieds ;  le 8 avril à Béziers, Mohamed Helmi Gebsi, 33 ans perd la vie; le 10 avril à St-Pierre-des-Corps, Mohamed, 26 ans, est passé à tabac ; le 18 avril un jeune en moto, percuté par la porte de la voiture de la police, a la jambe gravement blessée … Quelques exemples …

Les émeutes d’avril  comme celles d’avant, ont comme point commun, l’explosion d’une colère longtemps contenue suite aux brimades et au non droit, face auxquels la justice ne semble pas possible. . Brandir les  « antécédents » d’une personne ne peut justifier la violence et le racisme. L’émeute devient une réponse à l’écrasement, l’expression d’une dignité retrouvée, ne serait-ce que l’espace de quelques heures, et quelque soit le prix. C’est ce que revendiquent ces jeunes des quartiers populaires : le droit au droit, le droit à l’égalité de traitement, les pauvres comme tous les autres, en banlieue comme dans les centres villes.

 

Le racisme est un délit. Le racisme est une Violence. Le racisme et la violence constituent un double délit. Exercés par des policiers, des représentants de l’autorité, ils menacent les valeurs de la république. Nous réclamons la justice et non l’exemplarité. Nous exigeons la fin de l’impunité. Les policiers qui usent de leur pouvoir pour enfreindre la loi doivent être sanctionnés. Le recrutement et la formation au sein de la police doivent faire l’objet d’une approche respectueuse des droits des citoyens.

L’urgence sanitaire ne peut être un prétexte à l’établissement de l’état de non droit.  La contravention ne doit pas devenir un délit condamnant les quartiers populaires à la double peine.                                           

Paris, le 28 avril 2020

ATMF